‹ La prétendue conférence [microforme]Chapitre 27 sur 47 · LES INSTITUTIONS PROVIN- CIALES · texte numérisé non relu

LES INSTITUTIONS PROVIN- CIALES

En demandant à la législature une somme de $10,000 pour venir en aide à la Cie:du pont dans ses travaux préliminaires d'exploration, M. Mercier a dit :

‘Québec est le boulevard de notre autonomie, la clef de voûte de nos institutions.

En travaillant à la prospérité de Québec nous travaillons pour la province.”

C'était placer la question sur un large terrain, et les paroles du premier-ministre ont été applaudies.

Nous avons trop à cœur le succès de l'entreprise du pont pour méconnaître la bonne volonté de M. Mercier. Il y donne

pratique qu'il vient de faire sanctionner, sont d’une sérieuse valeur à la compagnie, Aussi, n'est-ce pas sur ce point que nous désirons faire des restrictions. Muis, considérant comme dangereuse la diffusion de l’idée provinciale dans la forme et avec la signification qu'on lui donne, surtout depuis la conférence de 1

‘automne dernier, nous profitons de l’oce

asion pour exprimer une fois de plus nos vues sur

ce sujet. Que par l'autonomie des provinces l’on entende le respect, la défense des droits et des conditions définis dans la charte de 1867, nous comprenons, il n’y à rien à redire, Quiconque reste dans cette attitude est dans la loi, dans la justice, dans l’ordre, dans une idée provinciale qui ne saurait prêter à aucun équivoque. Les provinces ont un titre incontesté à l'exécution parfaite de toutes les clauses de l’arrangement contenu dans l’Acte de l'Amérique Britannique du Nord. Jusqu'ici il a été observé comme peu de constitutions l'ont été. Le pouvoir central est resté en deça de sa juridiction en plus d’une circonstance. Pas un écrivain sérieux, au fait des choses politiques du Canada, ne voudrait prétendre que la

Puissance à gêné l'action légale des provinces,.

L'idée provinciale, telle que nous l’entendons proclamer par beaucoup de gens plus où moins versés dans les études coustitutionnelles, est donc une idée d'agression contre le système accepté en 1867, et loyalement mis en pratique par le pouvoir central. En d’autres termes, le but de ce mouvement est d'agrandir les pouvoirs provinciaux au détriment de l'autorité centrale, créée souveraine après mûre réflexion par les pères de la Confé-

dération.

Inutile de se cacher la portée des deux

systèmes en présence, La conférence de

cm

coalition entr’eux pour cet objet,

La conférence de 1887, travail d’un parti, d’un parti puissant, tend à détruire l'organisme politique existant, dans ses fonctions les plus essentielles. Si ses vues étaient adoptées, c'en serait fait du pouvoir prédominant que nous nous sommes

choisi pour veiller à la marche régulière |

de nos institutions diverses Nos provinces ne tarderaient pas à devenir Souveraines, chacune chez elles. Nous n'écrivons pas ici pour les faiseurs de

populacerie, et nous demandons aux |

hommes capables de réflexion ce qui adviendrait inévitablement d’une pareille tentative.

Nous n’accusons pas de manque de sincérité les auteurs du mouvement dit provincial. Nous les sentons coupables d'imprévoyance. Ils vont droit à la ruine de ce qu’ils disent tant chérir. Car jamais le peuple de ce Pays ne consentirait à diviser la Confédération en autant de fragments qu’il y à de législatures, et si l'alternative est imposée, celles-ci succomberont.

Leur fonctionnement dépasse, quant au coût, toutes les prévisions des plus sages, et elles sont loin d’avoir acquis ce caractère de respectabilité politique, d'utilité certaine qui assure la permanence.

Le gouvernement fédéral est venu au secours de leurs écliquiers, et le volume de leurs dettes augmente. Certes, elles ne sont ni en faillite, ni près de la faillite, mais les contribuables se plaignent que les impôts qu’ils paient pour les institutions provinciales représentent des sommes considérables, dont l'emploi n’est pas toujours réglé sur les principes d’une

Tout cela

1865, sanctionnée par la Couronne dans | ébranl chacune de ses démarches, a établi ordre de choses actuel, qui est l'œuvre des deux partis politiques et le fruit d'une

| e leur crédit dans l'opinion. Et si, | en outre, elles servent d'instruments de désordre et de désaggrégation, elles ne tarderont pas à être regardées comme un danger pour l'avenir du Canada.

| MODIFICATIONS CONSTITU- | WIONNELLES

La Nouvelle-Ecosse maintient à la tôte de son administration provinciale un cabinet sécessionniste, ouvertement hostile à la confédération. Et au parlement de la Puissance elle confie ses intérêts aux hommes politiques qui ont fait l'union des provinces ou qui y sont fortement favorables. Dans les deux élections partielles qui viennent d'avoir lieu, le parti séparatiste n’a pu même faire décente figure. Il a été balayé.

La vérité est qu'il faut s'attendre À tous les résultats dans les élections pour les législatures. A mesuro que les grands intérêts se concentrent, par la force des choses, dans le gouvernement général,les chambres locales deviennent de moins en moins importantes dans leurs travaux ; les luttes qui se livrent pour y entrer, ou dans leur enceinte, sont marquées du

same économie politique.

sceau des préjugés, de la mesquinerie, de la passion étroite. Leur niveau intellectuel baisse, Sans doute, elles renferment occasionnellement des hommes de valeur, mais ils ne tardent pas à chercher de plus vastes horizons, et les cabinets y piétinent sous la férule de majorités dépourvues de visées politiques. Beaucoup de journaux de parti, sachant qu'il est plus facile de défendre leurs chefs par les préjugés que par la raison, se moquent positivement de leurs lecteurs et les crétinisent,

Pour couvrir les énormes dépenses de fonds au moyen desquelles les cabinets provinciaux se popularisent

, ilest devenu de mode de courir sus au trésor fédéral, de s'inscrire pour des bette

l'lerms, épuisés

tôte un hosent aux ion ent A Tvrti nte

e à our nds des les

on nd

presqu'aussi vite qu'obtenus, Et si le SouvVérnement central refuse de se prêter à ces Manigances dispendieuses, on fait retentir l'air de cris de sédition, de sécession, de rébellion même,

Appuyés sur l'espèce d’omnipotence que s'arrogent, contre l'esprit et la lettre de la constitution, les politiciens des provinces, ils menacent de renverser la Confédération, de donner AUX provinces la suprématie, la prépondérance sur le pouvoir général, qui est la clef de voûte de l'édifice ‘élevé avec tant de labeur et après tant de périls en 1867.

De pareilles tendances ne peuvent S'aflirmer longtemps. Les législatures provinciales le comprendront elles et reviendront-elles à leur rôle légitime ? Rien n’est moins certain, car elles sont entrées dans une voie dangereuse et glissante.

Leurs budgets, crossis d'année en année, conduisent inévitablement à des résultats auxquels il faudra faire face où par un surcroît d'impôt ou par lobtention de subsides additionels du parlement cenral. Or, dans ce cas-ci, c’est toujours l'impôt qui, sous une autre forme, tombe sur les épaules des mêmes contribuables,

Beaucoup d'esprits sérieux se posent déjà la question de SaVoir si, en face des diflicultés Constitutionnelles qui s’avancent, il ne serait Pas profitable de modilier nos institutions dans le sens d’une plus large autonomie populaire, à la faveur de laquelle les droits et privilèges que nous possédons aujourd'hui reste- ‘aient dans leur intégrité aux mains des Pouvoirs municipaux munis d’une somme étendue d'autorité administrative, Cette modification serait, en tous: is, plus cana-

dienne, plus nationale, que Ja proposition |

de mettre nos lois sous l’inflience directe | des ‘ officiels ” du Dour ‘h 1 street.

Page 1