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DES PÉRILS QUI PEUVENT SURGIR DES EMPIETEMENTS PROVINCIAUX

La dépense de $10,000, occasionnée par la conférence de 1887, et que quelquesuns de nos confrères discutent à cette heure, n’est pas importante en elle-même.

Sila réunion de ministres provinciaux qui à eu lieu à Québec eût été constitutionnelle, léoitimée par le consentement

de la Couronne, du pouvoir central et | Souverain, il eût été correct de faire payer

au trésor public les frais de l'hospitalité

Personne n’eût

trouvé à redire.

Si illégale qu'ait été le paiement de

cette somme, nous ne désirons pas nous attarder à y trouver crime.

Ce serait, à

ianifesteront, tel est le devoir impérieux

[notre sens, rapetisser une q

SET ee | i0stion du

haute gravité, faire oublier peut-être à

Le 2

mms ME

beaucoup de gens superficiels le point principal, la démarche dangereuse, subversive de l’ordre, faite par messieurs Mercier, Mowat, Fielliuy, Blair et leurs collècues,

Nous l'avons établi déjà: ces hommes politiques n'avaient pas le droit et n’aaient aucune raison de se réunir en conclave interprovincial dans le but de pro.

poser des amendements à la constitution fédérale, aux rapports créés par la charte de 1867 entre l'autorité centrale et les pouvoirs locaux.

La constitution des Etats-Unis, dont !

nos adversaires invoquent si souvent la libéralité à l'égard des institutions des Etats, à pourvu au maintien et à la suprématie du pouvoir central avec une | précision et une force qu'il importe de rappeler dans les circonstances.

“ARTICLE V.-Le congrès, quand les deux ‘‘tiers des deux chambres le jugeront ‘ nécessaire, proposera des amendements ‘* à cette constitution, ou, sur application des lévislitures des deux-tiers des dif- ‘* férents Etats, convoquera une conventon pour proposer des amendements qui, dans chacun de ces cas, seront valides à toutes fins et à tous objets, comme partie de cette constitution, quand ils seront ratifics par les lévislatures des trois-quarts des différents * Etats, ou par des conventions dans les trois-quarts d’iceux, attendu que l’un ‘ou l’autre mode de ratification peut être proposé par le Congres, etc. ” Ainsi, hors la volonté du congrès, les états ne peuvent rien relativement à la coustitution, Ilen est le suprène gardien. Toute tentative d'agir sans son consentement serait traitée comme rébellion.

Nous appelons l'attention des ‘* conférenciers ” du Canada et de leurs partisans sur ces enseignements que comporte la constitution de la république voisine. Ils ue sont pas les seuls qu’its cn tiveront.

Nous lisions récemment dans un jour-

Norquay, |

des conséquences heureuses, que la province du Manitoba en a obtenu le redressement de ses griefs, que notre influence est décuplée, ete. Ce dernier allégué ne vaut pas la peine d’être relevé. 11 démontre la légèreté avec laquelle on écrit sur les questions les plus graves,

Quant à Manitoba, tous ceux qui conaissent la situation politique savent dans quelles circonstances la renonciation au droit de désaveu de ses lois de chemins

nai que la conférence de 1887 à produit

| de fer, par le gouvernement fédé al, à eu

lieu. Et s’il est vrai que la conférence :

contribué à ce résultat, c’est un argument de plus contre ceux qui en ont la responsabilité.

Le Canada les vieilles provinces avaient bâti, à une dépense de cent millions de piastres, un route transcontinentale destinée à relier entre elles les diverses parties de ses territoires, à porter l’immi-

| gration, l’activité dans les plaines fertiles

de l’ouest. Cet énorme sacrifice était à peine accompli, cette gigantesque entreprise touchait à peine à son parachèvement que la province qui en avait profité le plus jusque là, et devait en profiter le plus à l’avenir, se mettait, par quelques agitateurs et ses politiciens locaux, au ser-

| vice de compagnies américaines, pour pri-

ver laPuissance d’une partie des avantages du Pacifique et ruiner, si possible, son crédit. On parla de révolte, de prise d’armes, d'insurrection, de sécession. Ces menaces, ridicules si vous le voulez, étaient imprimées dans la presse du monde « ntier.

Le gouvernement central se trouva dans un dilemne sérieux, 11 lui fallait où s'attendre à une équipée et la réprimer par la force, ou exposer Je Pacitique et les capitalistes qui y ont placé leur argent à de graves difiicultés, en permettant une concurrence préniturée

à ce projet national, Cent incrcenaires,

:payés par des fauteurs de désordre, ou

des coinpagnies rivales : cela était suftisant pour répandre à travers l’Europe la

nouvelle que la guerre civile était nu Ca- toujours un aliment suflisant. Lus r'es-

nada. On voit les conséquences d'un pareil événement, Notre crédit recevait |

sources de leurs budgets ne parviennent pas à satisfaire les exigences hobreuses un choc déplorable : l'immigration, ren- qui surgissent et qui, à défaut de quesdue soupçonneuse déjà par l'affaire Riel, | tions sérieuses capables d'intéresser et de prenait, pour un temps, la voie des | fixer l'opinion, deviennent de plus en plus Etats-Unis ; le développement du Nord- | le fond de la politique ‘locale, ” Ouest subissait des retards désastreux, |

Le cabinet McDonald adopta un moyen | droite, des mouvements dangereux, des terne qui enleva tout prétexte aux tapa- | tentatives morales de législation, des geurs cb maintint intacte la position fi- | menaces de désordre, des assauts contre nancière du Pacifique et du pays. Ilre-

nonÇa au droit certain, légitimement ex- | aux passions, ete,, par des démagogues crcé, du désaveu, et vint, sous forme de [UOTE

rantie,au secours de la compagnie, afin de

De là des écurts déplorables de In voiu

la constitution, des appels aux préjugés,

| irréfléchis où mal inteutionnés, où igno- |

rants et indignes de présider au gouver- : ittre en état do ç mir. à l'ovuc , | - ° , Q = li mettre en état de soutenir, à l'avantage | nement d’une société humaine, des intérêts canadiens, là compétition qui |

ui était : : |. Madison, commentant les défauts de la ui Ctait imposée, | ë : Re > L . ee ie) OMSUEUTION originaire des Etats-Unis, Le règlement de cette difficulté, jugé |

écrivait ces paroles qui out une applica-

indispensable —à cause des circonstances

tion complète dans notre Pays, en ce mo-

particulières que nous venons d'énuméren one nc ‘

bar Phomme le plus éminent qui soit | sur la scène politique et par ses collècues dans le Conseil Privé : l'étude mpartiale | des phases par lesquelles

‘* L'influence de chefs factioux peut allumer un incendie dans leurs Etats respectifs, inais il leur sera Hnpossible à passé cette‘ de répandre une Conflagration générale question ; les complications qui ent me-! °" dans les autres Etats ‘ Une secte relinacé de surgir, font voir les tendances |: Lieu8e Ib dégondrer en une faction

|‘ politique dans une partie de la confépernicieuses de certains groupes de me- “ration ; mais la variété des sectes disneurs provinciaux, le mal qu'ils peuvent |‘ bersées sur son territoire entier profaire, leur absence de scrupule et de pu- |" tégera nécessairement les conseils na-

triotisme |‘ tionaux contre tout danger de cette

N, ° : “Source: une rage pour l'émission. de la

“\ouS Sotimes sortis sans trop d'encom- | ‘* mouvaie de papier, pour une répudia-

bres de cette crise, mais ln cause du dé- | tion de dettes. pour une ésale division

sastre que la sawesse et l'expérience de |" de la propriété, ou pour Lu autre

Fi . LE .

An TE. | ‘oje HiecharE ot 1! Oo!“ > lé “

nos hommes d'Etat ont su éviter, daneure ët pHOIeR 1 ge : HS SU vhivu

; ee | moins facilement le corps entier de vivace dans le courant d'idées de fausse

| l'Union que l'un de ses membres parti.

autonomie, d'empiétement que la confé- | « culiers, pour li même raison que telle rence à adoptées comme son programme, ou telle maladie atteindra plus facile- | ment un comté ou un dis! vict qu'un Etat DE LA NECESSEITE D'UN r'2 EN | ‘entier. ”-(l'he Federalist, ) AU-DESSUS DES LEGEISLA- a & : :

TURES. Lu l'autre” du la sécession à pu exer-

cer de l'inflrience dans ln Nouvelle-Ecosse,

: À + ‘réor huise chautig co \ Il ne faut. pas être surr ris des tendan. Créer du in Uauise das cotte

province un ces proviucial:s à l’empiètement. 1e: instant tronpée, munis elle ne s'est pas appétit qui s'aiguisent, les ambition: répandue dus les ures parties de la qui se développent dans les législatures | Ccnfédération.

et les gouvernements, n'y trouvent pas La ‘‘rage” rielliste a pu soulever les

r'esnent USCS UCSt de plus

Voic des des itre 168, ues ho- GT

osprits dans lo Bus Cniada, déchaîner les |“ fait Pas plus qu'autre chose d'un

préjugés, amencr une explosion de duc

trines dangorenses, ais elle n'a pas

trouvé d'écho dans le reste du Canada.

Inutile de multiplier les exemples pour |

démontrer les périls auxquels sont expo sés les gouvernements provinciaux quand

| ‘intérêt national pur treize têtes diflé |** remmment organisées,

‘ La nécessité «d' où contrôlant

dù HOSCSNILE «d'u pouvoir contrôlan

: s'inpose, OT consépuence, ut pourquoi il ‘| + serait arrôté dans son essor, c'est ce que ‘* je ne, puis comprendre,” (Lettre de | Washington à Juncs Warren, 1785.)

ils sortent de leur sentier naturel et lé- | On dirait ces apprébensions adressées

gal ; pour établir la nécessité d’une auto-

| # , {par l’un de nos hommes d'état aux esprits

rité souvert ‘ne qui les tienne dans leur inquiets et iprévoyants qui, oublieux

sphère et les empêche de tomber dans l'anarchie, Washington CXprinait ainsi ses Craintes ut 808 opinions avant l'adoption de la charte de 1787 :

‘* La guerre, comme vous l'avez obscrvé avec vérité, s'est terminée avanta- SeUsemont pour l'Amérique, et un beau ‘ champ nous est ouvert ; mais je vous ‘ confesse, mon cher monsieur, que Je ne ‘ pCuse pas que nous possédions assez de ‘ Sagusse et de justice pour le cultiver * convenablement, Le Manque de libé- ‘ r'alité, la jalousie et {« politique locale interviennent trop dans nos conscils ‘ publics pour le bon gouvernement de l'Union, En un mot, l4 confédé “ation me paraît un peu plus que l'ombre sans la substance, et le congrès un corps ‘* illusoire, ses ordres étant très peu obéis, Pour moi, c’est un solécisme en politique ; en effet, c'est l’une des choses les plus entraordinaires que nous nous confédérions comme nation et que cependant nous ayions peur de donner aux chefs de cette nation (qui sont notre création, notre œuvre, qui sont nommés par nous, Pour un temps limité eb court, qui nous sont justiciables pour chacune de leurs actions et qui peuvent être rappelés à chaque instant, qui sont sujets à fous les maux qu'ils peuvent

Ca

S*its pour diriger les affaires de cette nation. Par une politique comme celle.

ci, les rouages du Souvernement sont entravés, et nos äpparences les plus brillantes, les grandes choses que le monde émerveillé attendait de nous— tout cela tourne en étonnement : de la position élevée que nous occupions nous descendons dans la vallée de la confusion et desténèbres. =

‘* Notre devoir est donc d'établir des

‘* principes justes ; et ceci ne peut être

contriouer à produire) les pouvoirs sutti. |

| dus leçons de l'histoire, eXposcraient d'un cœur léger la Ce Hicdération canadienne

à tomber dans le chaos, en faisant disparaître le pouvoir régulateur destiné à maintenir dans l'harmonie, dans l'ordre

les éléments qui la constituent.

Los sociétés restreintos deviennent facilement la proie des passions, quand il n'y à pas au-dessus d'elles un frein.

Qui ne connaît les périls auxquels la République voisine fut en butte, parce que, comme l’observe Washington dans la lettre que nous venons de citer, le congrès n'était pas vbéi ? L'un des états, le Massachusetts, alla jusqu'à priver Par Un statut, les créanciers qui avaient des réclamations contre ses habitants, du droit de faire exécuter les jugements en

la forme ordinaire, et à déclarer que certaius objets seraient acceptés en paiement, après une évaluation.

‘* Cette loi, dit Curtis, fut fixée à an an dans son opération ; Mais dans le cours le cette année elle dévoila aux débiteurs leur force et fut le premier signal ** d'une attaque contre la propriété,

‘* Un esprit de nivellement, de licence, un violent désir de changement, et une * disposition à renverser les barrières des droits privés, se manifestèrent enfin dans des conventions qui se proclamèreut d'abord le peuple, puis déclarèrent leurs procédés Conistitutionnels.

A ces assemblées, on soutint ouvertement la doctrine que la Propriété deait Être commune, parce que tous avaient contribué à la sauver de ]4 con Bscation pur l'Angleterre. On vota que les taxes étaient des fardeaux inutiles et que la profession légale était une

= pa

66 Une révision de la coustitu-

d abolir

nuisance, ‘tion fut demandée dans le but

tous les éli-

dans la chambre et de rendre ofliciers civils du gouvernement gibles par le peuple.” Une rébellion à muin armée suivit ces actes révolutionnaires,

Sans doute, nous ne sommes pas ren dus aussi loin, mais quiconque n vu de

le sénat, de réformer la représentation |

avaient surgi entre la \irande-Bretagne ot les colonies américuines, chacune d'elles

constituait une société distincte, ayant

sos institutions propres ot séparées, La Couronne avait un contrôle sur ces pos sessions Au moyen des gouverneurs qu'elle nonmait et dos pouvoirs dont ils

étaient munis ; elles n'avaient pas entre

elles de lien politique,

près notre politique provinciale est forcé |

d'admettre que les législatures, la plupart d'entre elles au moins, peuvent très fasilement devenir des instruments dungereux entre les mains d'hommes résolus ot sans scrupule, L'esprit de parti cultivé à outrance chez les uns, l'ignorance des autres exploitée avec habileté, l'exercice du patronage : en voilà assez pour permettre à une administration imprudente, à un chef de gouvernement corrompu, de mettre en danger les intérêts les plus graves,

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