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Notre situation financière est auiourd’hui excellente. Nous n'avons qu’à le vouloir pour ia mairtenir en cet état, et même l’améliorer.
La colonisation, l’agriculture, l’instruction publique-—-voilà des sujets d’une nature provinciale. Et encore, en ce qui concerne l'agriculture, la Puissance nous
prête un concours immense.
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pour le faire distribuer par les gouverne ments provinciaux dans la construction
e chemins de fer, ete., ne nous semble pas une politique judicieuse et sage, Le gouvernement de la Puissance est dans son élément en ces matières : qu'il en garde le contrôle et la charge, Ces grands travaux, désignés à la sollicitude fédérale dans la constitution, sont faits avee plus d'harmonie, d'ensemble et d'économie par le pouvoir central, qui, ayant en vue le bien-être genéral, est en mesure de ies diriger à l'avantage du pays entier, ‘C'est là le but, la mission, le devoir de cette autorité centrale que nous avons voulu constituer forte, afin qu’elle pût développer la prospérité commune dans les voies du commerce, de l’industrie, ete., et dominer de sor ombre protectrice les institutions provinciales,
Nous n’hésitons pas à dire que la souveraineté des provinces dans ces questions de chemins de fer, à propos desquelles les ‘ conférenciers ” ont cru devoir enregistrer une protestation, serait une menace constante pour le bien public.
Voici,par exemple, Manitoba qui voudrait détourner, au profit des Etats-Unis, une partie du trafic que la Puissance a créé, et au-devant duquel elle est allée en construisant le.Pacifique au prix de cent millions de piastres.
À moins de dire que nous sommes prêts pour l'annexion, il nous faut donner de la cohésion au Canada, à la puissance fédérale, et, en conséquence, diriger l’en-
semble de u08 travaux publics, de nos efforts,de manière à former un grand tout, uni par des liens solides et respectés.
Au lieu de déprécier le pouvoir fédéral, de le harceler, nous devrions nous y attacher avec toute l'énergie de gens qui comprennent qu'il es pour eux la protection et le salut, Où en étions-nous avant la confédération ? Le gouvernement n'était-il pas devenu impossible ? Où en serions-nous si demain elle s’effondrait ?
Nous tomberions dans l'union Américaine ; la province de Québec deviendrait un état.
Jouerions-nous un rôle prépond‘rant, sérieux même, dans la République qui a englouti l'élément francais de Ia Louisiane ?
Malheureusement, là plupart de ceux qui parlent de ces graves problèmes, ne les ont ni pesés, ni étudiés !
Affaiblissez le pouvoir fédéral, et vous renversez les pouvoirs provinciaux, car ceux-ci ne peuvent subsister sans celuilà.
Et, cependant, les provinces méritent plus d’un reproche sur ce point, Plusieurs sont devenues des v ntres d’agitation contre l'autorité de la Puissance.
La Nouvelle-Ecosse s'est ruée, ces années dernières, contre l'unité fédérale, en se servant à cette fin des ressources de ses institutions provinciales. Elle parle librerent d'aunexion dans ses luttes locales.
À tour de rôle, Ia Colombie Anglaise, Manitoba, en tant que provinces, nous ont fait de pareilles menaces.
Et, nous, la province de Québec, si intimement intéressée à ne pas Ôtre lancée dans des aventures, dans l’imprévu, nous ne comprendrions pas In nécessité de maintenir intacte, puissante, l'autorité
| centrale, la source de notre autonomie ct
de notre existence distincte, Sans ré-
flexion, sans regarder autour de nous et
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devant nous, nous irions prêter main-forte à un mouvement propre à faire sortir duvantage les provinces de leur sphère, c'està-dire à précipiter un cataclysme qui bouleverserait de foud eu comble Je sol politique sur lequel nous reposous dans la paix et la liberté.