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La prévosté de Paris et l'Isle-de-France

e livre a la singulière fortune d'avoir eu, en moins d'un demi-siècle, trois éditions sous la direction de trois auteurs différents, — nous ne parlons pas ici des contrefaçons françaises et étrangères, nous traiterons ce point quand il sera question de la partie bibliographique de notre publication; — ici nous devons constater que ces auteurs, tout en conservant le même plan, l'ont traité chacun à leur manière, sans se répéter, au moins dans la description de Paris, ce qui nous a permis de les reproduire intégralement.

Avant de parler de l'oeuvre, nous allons dire un mot de ceux qui l'ont publiée, regrettant de ne pouvoir satisfaire, autant que nous en aurions le désir,

ii INTRODUCTION.

au vœu qui nous a éré plusieurs fois exprimé de donner plus d'étendue à nos notices biographiques. Ce n'est pas la bonne volonté qui fait défaut, mais les éléments ; on n'invente pas l'histoire, et force nous est d'imiter le silence des biographes. Davity est plus connu que ses continuateurs : l'un d'eux, Ranchin, dans la préface de l'édition qu'il donna en 1637, a consacré une page à la biographie de son prédécesseur; nous ne saurions mieux faire que de la transcrire ici et de la compléter au besoin.

« L'autheur de cette Œuvre, Pierre d'Avity, sieur de Mont-Martin, nasquit dans une famille fort recommandable, tant par son extraction que par ses alliances, à Tournon, en Vivarez, en l'an 1572, et fut eslevé dans les lettres, où il donna dès lors des preuves d'un esprit excellent, très vif, et né aux sciences, s'adonnant à la poésie et à escrire en prose, dont il publia quelques livres, outre plusieurs, ausquels sa modestie l'empêcha de mettre son nom. Ses vers ont esté mis parmy les plus beaux de ce temps, qu'on a recueillis et imprimez depuis quelques années. Il fut homme de grande piété et de très bonnes mœurs, aimant l'honneur et la gloire des bonnes actions, pour lesquelles il a esgalement suivy les lettres et les armes durant tout le cours de sa vie. L'année 1606, il fut en l'armée des Estats des Pays- Bas, durant le siège de Rheinberk, que le prince

• INTRODUCTION. Ui

d'Orange, Maurice de Nassau, tascha de conserver contre deux grands capitaines, le marquis de Spinola et le comte de Buquoy, lesquels y assirent deux camps. Il veid pour lors la plus grande partie du pays, et continua de servir le Roy, en l'an 1617, sous Monsieur le connestable de Lesdiguières, l'ayant suivi dans les armées, et s* estant trouvé en tous les sièges et rencontres de la guerre entreprise en Italie pour le duc de Savoye. L'an 1630, pendant le siège que le marquis de Spinola avait mis devant Casai pour le Roy d'Espagne, la noblesse du Daufiné ayant esté mandée pour le ban et arrière-ban, quoiqu'il fût desjà dans le soixante de son âge, il passa en Italie en très-bon équipage, et y servit l'espace de six ou sept mois, prenant part à la gloire que la noblesse françoise acquit en obligeant les Espagnols de se retirer devant Cas al. Il employa le temps qu'il eut après les travaux de la guerre en d'autres voyages, soit en Italie, et au royaume de Naples, où il visita les meilleures villes pendant huict mois de l'année 1620, soit en Allemagne , dont il veid aussi quelques bonnes villes en Tan 1626. Ce qu'il faisoit sur le dessein qu'il avoit formé de composer ce livre et de le donner au public, avec un rapport soigneux et fidèle dss choses et des autheurs dont elles sont tirées. De sorte que ses voyages, son estude particulière, et les diverses communications qu'il a eues dans le royaume et dehors,

iv INTRODUCTION.

dont il a rapporté de très bons mémoires, et des relations complètes envoyées de divers pays de la chrestienté, n'ont eu d'autre but que l'enrichissement et la perfection de l'ouvrage : pour lequel, ayant en dernier lieu fait un long séjour à Paris, sur ce qu'il avoit de prest, l'impression y fut commencée et continuée jusqu'au mois de mars de l'an 1635, qu'ayant esté accueilly de maladie, que son âge et le long travail de corps et d'esprit aggravèrent et rendirent plus dangereuse, il décéda dans la mesme ville, ne laissant qu'un seul fils en bas-âge et de très bonne espérance.

« C'est le sommaire de la vie, qu'il a employée, avec beaucoup de fraiz et d'estude, pour servir au public et immortaliser son nom, comme, à vray dire, une très grande louange luy en est deiie ; puis qu'il semble n'avoir voulu vivre ou rien sçavoir que pour autruy, et qu'il a voulu tout sçavoir pour le communiquer ou en faire part à un chacun. »

Moréri marque que Chorier parle de Davity sur la fin de son Histoire du Dauphiné. et que Antoine Le Maître a fait son éloge dans la préface. Le nom de notre auteur se trouve écrit tantôt avec, tantôt sans apostrophe; nous avons adopté cette orthographe moderne, ne conservant la séparation en deux mots que dans les citations de ses contemporains.

Le principal ouvrage de Davity parut sous ce titre : Les Etats, Empires et Principauté-? dv Monde, re-

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