‹ La prévosté de Paris et l'Isle-de-FranceChapitre 25 sur 90 · Soixante-trois. R. Voir plus haut, p. 4. ■z. Saulx · texte numérisé non relu

Soixante-trois. R. Voir plus haut, p. 4. ■z. Saulx

soient fréquentes et modérées. I^eau de la Seine est meilleure que celle du Tibre, du Nil et tout autre fleuuequi soit au monde1. Elle a de fort bon poisson, et son terroir produit de bons vins, froments et laitages. La terre y est grasse d'vn costé, plus légère et sablonneuse d'vn autre, en aucuns lieux sèche et chaude, et en d'autres marescageuse , humide et arrousée de fontaines ; ce tempérament donne d'aussi bons bleds qu'en autres endroicts du royaume. Les orges, auoines, millet et tous légumes y viennent bien. Les fraises, les asperges, artichauts, melons, courges, concombres, pommes, poires, prunes, abricots, cerises, amendes, noix, et autres fruicts et herbes potagères s'y recueillent. Les orangers et citronniers n'y peuuent porter fruict qu'auec soin de les garder de la gelée. Il y a mesme des grenadiers et des figues. Les

i. L'eau de la Seine était estimée autrefois et appréciée des étrangers. Thevct, Knobelsdorf, Marolles (voir Collection des anciennes descriptions de Paris, t. III, p. 240) l'ont célébrée; il n'en est pas de même aujourd'hui. Pourquoi? sommes-nous plus délicats que nos pères? est-ce préjugé? Citons à ce propos une réflexion humoristique d'un Parisien : « Il faut reconnaître que l'eau de Paris, Seine ou Marne, a une exécrable réputation. Cette mauvaise renommée, contre laquelle maintenant rien ne prévaudra, elle le doit aux provinciaux et aux étrangers. Ils viennent à Paris goûter toutes les douceurs de la capitale. Ils vont au spectacle, se couchent fort tard, dînent chez les restaurateurs, y soupent quelquefois, se truffent tant qu'ils peuvent, ne boivent que du vin pur et finalement retournent chez eux avec l'estomac délabré et des élourdissements. Ils ont la mine piteuse, le teint jaune, l'œil plombé, et quand on leur demande la cause de leur mal, ils répondent : C'est l'eau de Paris! » Max. du Camp. Paris, ses organes, etc., t. Ier, 269.

,ô RANCHIN.

jardiniers des enuirons de Paris ont l'industrie de conseruer, au plus fort de l'hyuer, des pois, asperges, artichaux, cardes, chicorées blanches, laitues pommées, et choses semblables, qui ne se trouuent ailleurs qu'en été. Il s'y trouue des simples et des herbes médicinales, auec des fleurs odorantes, et, pour cet effet1, en 1 633 2, Guy de la Brosse3, médecin, et Guillaume Robin4, chirurgien, y commencèrent vn jardin dans le faux bourg Sainct Victor, par ordre du roy, et du sieur Bouuard 3, premier médecin de Sa Majesté, pour y recueillir tous les simples et herbes seruant à la médecine ; et quant aux eaux de la ville , les fontaines de Rugis6, qui en sont esloignées de trois lieues ayant esté descouuertes par diuers canaux et acqueducts conduits auec grande despense et industrie, l'eau en a esté attirée dans Paris, qui en est arrousé et décoré par plusieurs fontaines, en diuers endroits et places publiques, ce qui a contribué beaucoup à la santé des habitans.

On ajoute à cela que l'eau du village de Gonesse, bourg très agréable de l'Isle de France, à quatre lieues de Paris, estoit très bonne. Le pain qui en est pétri

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