Archives nationales, LL. 116, fol
aream terre ex nostro beneficio consistentem infra urbem Parisiacam, cum quadam cellula in honore Sancti Pétri funditus destructa, ad refugium supradictorum monachorum omniumque suorum jure censuali concedere dignaremur. Nos autem rationabilem ejusdem Adhelnei considérantes petitionem pro amore Dei, sanctique Pétri apostolorum principis et peccaminum meorum absolutione, pari assensu domni ac prestantissim1 marchionis Hugonis, senioris nostri, seu ejusdem civitatis episcopi Fulradi, predictam aream terre abentem ex uno latere pedes LXIIII, de alio pedes LX, tam prefato abbati quam successoribus ejus, simulque monachis ejusdem loci, causa refugii, ut jam dictum est, perpetualiter, jure censuali concessimus, et litteras manus firmitatis exinde fieri jussimus ; quod ita et fecimus, eo videlicet ordine ut, omni tempore, idem abbas Adhelneus successoresque ejus, et monachi ejusdem cenobii Sancti Pétri, predictam aream, cum omni securitate et absque alicujus persone impulsione, ad utilitatem sepe dicti Sancti Pétri servorumque ejus, teneant atque possideant, nullam etiam inquietudinem ab aliquo homine inibi pacientur nec vigilias civitatis, nec receptionem hospitum faciant. Si quid autem ex possessionibus jam dicti monasterii inibi venum dandum est, nullus j'udex, neque vicarius nec ulla opposita persona ullam rem requirere audeat, sed, sicut mos est, monachorum vitam atque religionem in predicta area ducant, exerceant, pro nobis etiam Domino preces humillimus effundere studeant, omni autem anno in festivitate sancti Pétri que evenit III kalendas julii, solidos n tam nobis quam successoribus nostris persolvant ; et si négligentes indè extiterint, canonice emendent et quod videntur nullatenus perdant. Imprecamur etiam coram Deo et sanctis ejus omnes successores nostros, ut sicut illorum facta firma et stabilia voluerint perdurare, ita hanc parvulam
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donationem nostram sinant permanere invio labilem; et ut hec nostre cessionis cartula fîrmum et stabilem deinceps obtineat vigorem, manibus domini ac senioris nostri Hugonis, ac prefati episcopi Fulradi seu plurimorum bonorum hominum laïcorum roborandam tradidimus.
Actum Parisius sub die X kalendas septembris. Signum Hugonis Comitis atque marchionis seu abbatis. Signum Teudonis vicecomitis qui hanc cartulam fieri jussit atque firmavijf. Signum Teubaldi vicecomitis. Signum Girmundi vicecomitis et aliorum XX, anno IIP régnante Rodolfo rege. Ercamfredus cancellariusscripsit.
Le 18 février 1790, Julien Brière, prêtre du diocèse de Séez en Normandie, curé de Saint-Pierre-aux-Bœufs, déclara que les revenus de sa cure consistaient : i° en une dîme sur les terres d'Attaiville, près Saint-Denis, affermée 160 liv.; 20 en 824 liv. payées par la fabrique, sur les fondations; dans un casuel annuel de 100 liv. environ. Ce petit revenu était encore diminué par 66 liv. de décime, un acquit de cent treize messes à raison de 20 s. et un acquit de quarante messes raison de 15" s. On voit, par un état de 1746, que les recettes de la fabrique étaient assez fortes (5,241 liv., 145 s., 6 d.) pour payer les dépenses (4^224 liv., 12 s., 11 den.).
L'église Saint-Pierre-aux-Bœufs ne fut démolie qu'en 1837, pour l'ouverture de la rue d'Arcole. Le propriétaire de la maison qui fut construite sur son emplacement, pour en conserver le souvenir, avait fait reproduire en sculpture sur la façade les bœufs symboliques ou héraldiques. On sait que cette église, qui servit longtemps de magasin de tonneaux, était ornée d'une fort belle façade, que la ville acheta en 1837 et qui fut appliquée au petit portail de la façade occidentale de l'église Saint- Séverin.
i$<î DAVITY, RANCHIN, ROCOLES.
LES TROIS SAINTS GERMAINS DE PARIS ET SAINT GERMAIN LE VIEIL OU LE VIEUX ET NON L'EVIEUX.
Les origines des basiliques nommées aujourd'hui Saint-Germain-des-Prés et Saint-Germain-l'Auxerrois ont donné lieu à des méprises de la part des savants les plus autorisés, et jusqu'à nos jours il avait plané sur cette question une certaine obscurité. M. Quicherat, dans la dissertation que nous reproduisons ici, l'a dissipée et la question peut désormais être considérée comme résolue.
Le surnom de cette église a donné lieu à des controverses que nous allons résumer et qui ne peuvent pas subsister devant les lumières de la critique historique. L'abbé Lebeuf, d'ordinaire guide précieux en matière d'érudition, est d'une incroyable naïveté quand il se lance dans les étymologies fantaisistes. On va en juger par le passage suivant : « On ne doit pas regarder comme recevable la raison que quelques-uns ont donnée de ce nom (de Vieux), disant que c'est parce que saint Germain avait logé en ce lieu avant son épiscopat qu'on le nomma vers l'an 900 Saint-Germain-le-Vieux. Peut-être faut-il écarter en cette occasion toute idée de vieillesse ou vétusté, et dire qu'originairement on a eu intention de signifier une église située dans un lieu aquatique et sur le bord de la rivière : Saint-Germainl'Aiveux ou l'Evieux, Sanctus Germanus aquosus } et que c'est la ressemblance de la prononciation qui a fait
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changer la manière d'écrire le nom; en sorte que l'on aura depuis substitué dans les titres Latins l'adjectif vêtus à celui à'aquosus : ce qui étoit déjà d'usage au XIIIe siècle1. On dit encore Evier ou Aïvier pour Aqua^ riurn. et on a dit Eve pour Aqua 2. L'abbé Chastelain a rendu en latin Néaufle-le-Vieux par Nidalp/ia aquosa, et il Técrivoit YEvieux. {Martyr, univ.^ p. 1046.) Le nom de Palus, qui étoit là avant qu'on eût élevé le terrain, est encore resté au quartier. On dit le Marché Palu. » « Rien ne prouve, dit le continuateur de Lebeuf, que Palu ait ici le sens de marais3. Le marché pouvait avoir pris ce surnom de palu. des palissades dont il était entouré, ou bien encore des pieux ou piquets près desquels se tenaient les marchands. Dans tous les cas, la traduction de Saint-Germain-le-Vieuxpar Sanctus Germanus aquosus est une de ces fantaisies philologiques qui séduisaient parfois l'imagination trop brillante du docte abbé. » L'analyse du Mémoire de M. Quicherat qui se trouve plus loin démontre d'une manière évidente l'inanité de cette hypothèse, et rend à cette église la haute antiquité qui lui a été refusée jusqu'ici. Voici un long extrait du remarquable Mémoire de M. Quicherat 4, dans lequel ce savant a fait ressortir, avec autant d'érudition que de clarté, l'origine de Saint-Germain-le-Vieux :
Paris a possédé autrefois trois églises du nom de Saint- Germain. Outre Saint-Germain-des-Prés et Saint-Germain-l'Auxerrois, qui subsistent encore, il y en avait une autre appelée Saint-Germain-le-Vieux, qui fut démolie en 1802. Elle était située dans l'île de la Cité,