‹ La prévosté de Paris et l'Isle-de-FranceChapitre 82 sur 90 · Cap · texte numérisé non relu

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Au début de la donation du comte Etienne dont je me suis servi tout à l'heure, on lit : Sacrée sanctœ Maria? ecclesie} Deique genetricis et sancti Stephaniprotho martyris seu et domui Germani.ubi Juchadus . parisiaca? urbis episcopitSj rector prœesse videtur, quœest infra muriim Paris il civitate constructus.

Pour bien comprendre ce passage, il faut se reporter au régime antique sous l'empire duquel la plupart des cathédrales consistèrent, non point en une seule église, mais en plusieurs églises, séparées souvent par de grandes distances. La cathédrale de Paris se trouve ainsi dénommée par les trois sanctuaires de Notre-Dame, de Saint-Etienne et de Saint-Germain, tous les trois formant un seul corps qui était renfermé, ainsi que l'indique la formule, dans l'enceinte des murs de la Cité. Dès lors, le Saint-Germain dont il s'agit ne peut pas être un autre queSaint-Germain-le-Vieux, car Saint-Germain-des-Prés et Saint-Germain-PAuxerrois étaient hors des murs.

Le même vocable, plus développé dans un diplôme foyal de 795, est ainsi conçu : Ecclesia Parisiaca } qua est in honore sanctœ Mariœ mut ris Domininostri Jesu Chris ti et sancti Stephani proto martyris , sancti Dionysii et sancti Germani et sancti Marcelli et sancti Chlodoaldi confessons , etcœterorum dominer um quorum in ipsapignora plèbe vel in ipsa ecclesia Parisiaca adunata requiescunt 1.

Comme cette longue énumération ne porte que sur des membres de la cathédrale, il faut tout de suite écarter la présence des grandes abbayes de Saint-Germain-des-Prés et de Saint-Denis , gratifiées l'une et l'autre de l'immunité. Le titre de Saint-Denis a été fourni par Saint-Denis-du-Pas en la Cité, et il contredit formellement l'abbé Lcbeuf, qui a nié que Saint-Denisdu-Pas existât au IXe siècle, « parce que, dit-il, par inad-

r. Cartulaire de Notre-Dame de Paris, t. Ier, p. 2^0.

ir+ DAVITY, RANCHIN, ROCOLES.

vertance, dans les chartes d'alors, où sont spécifiés les saints diocésains, patrons plus particuliers de la grande église, saint Denis n'y est aucunement nommé1. Quant au titre de Saint-Germain, à première vue, il pourrait être celui de Saint-Germain-l'Auxerrois aussi bien que celui de Saint-Germain-le- Vieux, parce qu'ici le choix n'est pas borné, comme dans l'acte de 811, aux églises contenues dans l'enceinte de Paris 5 mais, en y faisant attention, on s'aperçoit que tous les saints nommés appartiennent au diocèse, que ce sont les patrons particuliers de la grande église, pour parler comme l'abbé Lebeuf. Il devient, par conséquent, bien probable que c'est saint Germain de Paris, patron de Saint-Germainle-Vieux, qu'on a voulu désigner.

Mais je ne sais quel parti prendre à l'égard d'une église appelée toute uniment Saint-Germain basilica domnœ Germanœ^ en faveur de laquelle un riche personnage du nom de Vandemir disposa en 690 de l'un de ses domaines2. Ce n'est pas Saint-Germain-des-Prés, lequel figure dans le même acte et y est désigné par le double titre de Saint- Vincent et de Saint-Germain, basilica. domnœ Vincente vel domni Germani.

L'abbé Lebeuf s'est prononcé pour Saint-Germainl'Auxerrois. Je ne-le contredis pas, et je ne contredirais pas davantage celui qui croirait devoir préférer Saint- Germain-le-Vieux.

Les autres exemples que j'ai rencontrés ne peuvent pas donner lieu à confusion, parce que l'église y est suffisamment désignée soit par les circonstances dans lesquelles son nom se présente, soit par le développement de son titre.

Jusqu'au XIe siècle, Saint-Germain-des-Prés est appelé

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