LES MÊ:MES, ROBERT
EoBERT {dans la hutte). — Père î père !... je meurs de froid !
Eaoul. — 0 mon Dieu !
Babilas (ôtant sa veste). — Ali saprelotte î. . . ça n'est guère pluclieux, mais ça vaut toujours mieux que rien. (7/ entre dans la hutte.)
Eaoul. — Mon fils se meurt ! et je n'ai aucun moyen de prolonger ses jours. .
Babilas {entrant). — «, Capitaine, Ebbert est sans connaissance. C'est vous, capitaine, c'est vous qui devez le sauver.
Eaoul. — Et comment . . . par quel moyen ?
Babilas. — J'sais pas, capitaine, mais il faut le sauver ... il faut prolonger sa vie . . . un jour. . . une heure. . . Dans une heure, on j)eiit venir nous délivrer.
Eaoul {après œvoir réfléchi). — Oh ! non c'est impossible !
Babilas. — Vous voulez donc qu'il meure.
Eaoul. — Xon. . . j'ai trouvé.
Babilas. — Ah !
Eaoul. — Une heui\\ as-tu dit ; qu'il vive une lieure !
Babilas. — Oui, et Dieu fera le reste.
Eaoul. — Attends. (7/ prend une hache et sort.)
Babilas. — Tl vivra... il vivra ! (7/ se dirif/e vers la hutte.) Pourvu qu'il ne soit pas trop tard. {On entend au dehors le hrnit d'une hache qui
frappe à coups redoubles.) Pauvre petit capitaine. . . Ah ! si je pouvais donner ma vie pour la sienne !
Raoul {entrant avec des débris de bois qu'il jette dans la hutte). — Tiens, Babilas. allons le sauver, (7/ entre dans la liuttc.)