‹ La prière des naufragés drame en cinq actes par mm. D'Ennery et Ferdinand DuguéChapitre 15 sur 75 · RAOUL, B A IU B AS · texte numérisé non relu

RAOUL, B A IU B AS

RAOUL

Eh bien?

BIRABAB.

Je n’ai rien rencontré, capitaine.

RAOUL

Rico.

B ARASAS.

Quand je dis rien... je me trompe... Je m'étais avancé du côté du Nord, à une demi-portée de canon, cherchant si je trouverais do quoi nous nourrir... V’Iè que, tooMi coup, j’aperçois quéque chose qui sc mourait derrière un bloc de neige, ça se virait à droite, Ça se virait à gaucho, et toujours comme ça:.. Ça m'intrigue un peu... je mo méfie ! j’arme mon anne, cl jo m’approche pourvoir si ça ne serait pas bon & manger; mais Ji peine si j’avais Tait quéque pas... que ça monte sur !o bloc do neige, ça se dresse sur ses jambes de derrière, c’était un ours ! Une grande ours blanche qui me considérait en ouvrant do grauds yeux et qui me llairail avec des grandes narines... elle faisait comme moi, c'te bete, elle regardait si jetais bon à manger... et il parait qu’elle trouvait que oui, car v’Iâ qu'elle se inet à descendre cl k marcher sur moi, en faisant hon! lion!... Ma foi, je ne suis pas brave, vous le savez, capilaine, aussi a c’te vue, la frayeur m'empoigne, jo me mets à trembler de pailout.

RAOUL

El tu l’es enfui.

BARA8A5

Enfui!... J'avais trop peur pour ça... Si je m'enfuis, que je me dis, l’aoimal va me courir après, il me prendra en trailre et je suis flambé; c’t’idée-là redouble ma pour, cl je mo dirige sur le monstre.

RAOUL

Après? après? -

BABABAS.

Après, comme je lerouihais en joue, j’aperçois au loin une autre ours, et puis doua autres, et puis dis autres cl puis cent z’autres.

RAOUL

Se peut-il?

RARADAS.

Une vraie fourmilière d'ours!... Là-dessus, v'ià ma pour qui retriplc... si je fois fou, que je me dis, le bruit va nous attirer tous ceux-là; mon ours marchait toujours, lui, il approche encore, il approche toujours; ma foi, la frayeur me rend fou, je dépose mon fusil, je tire mon sabre et je marche droit à l’ours. Nous étions nca à nez, le monstre ouvre une gueule énorme, iléleud scs deux bras pour me saisir, je lui llaaque mou sabre daus le milieu du ventre , la bête féroce tombe en hurlant, je me baisse, je regarde... j’avais tué l'insecte.

Tué!

n AB AB AS.

Ou à peu près.

RAOUL

Achève! achève I

BABABAS.

C’est ce que je me suit dit : achève... et je l’ai achevé... el si je n’avais pas vu tous les autres se dresser autour de moi, je l'aurais traîné jusqu'ici ; sa peau aurait servi à réchauffer notre chère petite Marthe.

RAOUL

Rico cela!

BABABAS, <Moal u »crt*.

Ah! sapreJotlc!... ça n’est guère pluchcux, mais ça vaut toujours mieux que rien, tu entra dons la batte.]

LOCISe, A Banal.

Eli bien, mais... mais héte-toi donc, Raoul, tu as tout ce qu’il faut; il a rapporté du bois, n’est-cc pas?

RAOUL

Non.

Non ! Mais il m’en faut, mais je ne veux pas que mon enfant meure; mais lu ne m’as donç pas comprise / Raoul, je le dis qu’etle n’a plus une heure, peut être plus un quart d’heure à vivre, si je ne réchauffe pas son sang qui ne circule plus... je te dis que ses pauvres petites mains n’ont plus de force pour su tendre vers moi, que ses yeux éteints ne s’ouvrcul plus qu’à demi.

RAOUL

Et je n’ai aucun moyen de prolonger ses jours !

LOUISE

Oit I ne me dis pas cela... c’est de notre Marthe que je parle... de Marthe que je cherche vainement à réchauffer sous nies baisers, sur mon sein ; mon sein et mes baisers sont glacés comme elle... Mais qu’esl-ce que je peux faire de plus, moi? je ne peux rien, rien!... tu vois bien que c'est toi, Raoul, tu vois bien que c'est loi qui dois la sauver.

RAOUL

Ehl comment... par quel moyen?

LOUISE

Je ne sais pas, je ne sais pas, Raoul, mais il faut que tu me la sauves... il faut que tu me prolonges sa vie... ne fùl-ce qu'un jour, ne fût-ce,qu'uno heure... Mais dans une heure, on peut venir nous délivrer.

RAOUL

Louise I Louise I tu me rends fou !

LOUISE

Non, non, garde (a raison, cherche, invente, (rouve... Mais réponds-moi doue, mais dis-moi do. c qu’elle uc mourra pas.

* Eh bien?

LOUISE

Parle.

RAOUL

Oh! non, c’est impossible...

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