SCENE V
D'ANTAS, DIANE, DF. TIIÊMNGK, yi, i/Ouicier.
DIANE
Encore celle horrible fusillade!
U Bt UE THÛUNUR,
N’avançons pas plus loin, Diane... il y aurait danger pour loi.
DIANE
El Horace?... où est Horace?...
H®* RE TIH RlNüE.
Il su bat, sans doute.
DIANE
Obt s’il allai! mourir I ..
»"• DE TIIÜUNCE.
Non, non, Dieu veillera sur'lui; n'esl-il pas mainU-ucut notre seul ami, notre unique soutien dans cc monde?... Le ciel, qui m'a frappée sans relâche, ufiutligera pas une nouvelle douleur a uies derniers jour».
Monsieur de Brionne aurait pu se dispenser d'inquiéter mademoiselle. *
DIANE
Je ne l'accuse pas, monsieur, car il fait sou devoir de gentilhomme.
D’ANTAS, A part.
Ccst do la rhevalerie toute pure.
DF. TUÉMNOE.
Je ne veux pas que tu restes ici.
d'anus.
OUI ne craigne* rien... nos palissades sont bien défendues et roscarmnuclie a lieu dans le min. Nous pou vous causer sous ce* arbres aussi tranquillement que dans un salon.
M mr DE TnÉWNGE.
Mais...
DIANE
Restons, bonne mère, je Berai plus près d’Horace.
d’antas.
Vous ne devez pas regretter le Mexique, mademoiselle, car vous y aurez souffert jusqu'au dernier ioslaul.
DIANE
Oh! c’est vrai.
U*" DE TMIRINGE.
Dieu l’y a envoyé de» consolations, mon enfant, ne sois pas ingrate envers lui.
d'antas.
Des consolations bien austère* pour une jeune fille, et je pense que mademoiselle a pu, sans crime, désirer un horizon plus large et des joies plus vivantes.
DIANE
Je ne comprends pas, monsieur.
d’antas.
N'avez-vous donc jamais, lasse de l'exil, brisée par l’ennui, vu resplendir de ce côté, nu delà des nier», le soleil de Versailles? n'avez-vous jamais entendu à travers l'espace une voix harmonieuse et pénétrante, vous dire: Viens, viens, ne souffre pas plus longtemps, car (a place est au milieu de nous. Maudites soient la solitude et la tristesse! vivre ailleurs, e’est mourir! et il n’y a pour la femme qu’une existence désirable, c’est celle «lu luxo et des hommages] Tu es belle, fais de la beauté un diadème; tu es jeune, fuis do la jeunesse une fêle rayonnante I
*"• DE TffKRINCE.
Monsieur le marquis, Diane a perdu, tout enfant, son père et sa mère, il ne lui reste que moi, son aïeule, une pauvre vieille femme, si faible, qu’il y aurait quelque générosité k ne pas abuser de celte faiblesse, et à respecter la jeuuc Hile qu’elle ne peut plus défendre.
d’antas.
Loin de moi, madame, l'intention...
DIANE
Bonne mère, permets-moi de répondre. Oui, monsieur, du fond de mon exil, j'ai entendu aouvenl la voix de la France, mais elle ne me parlait pas de plaisirs futiles, de biens éphémères, d'enivrements coupables : Pauvre fille éprouvée, disait-elle, viens è moi, je t’ouvre tes bras comme une mère, et je remplacerai celle que tu as perdue ! lu as trop souffert pour que la joie to devienne possible, mais viens accomplir dans l’amour et le devoir la lèche sérieuse que Dieu impose aux femmes.
U** DE TUÉRINGE.
Bien, mon enfant, bien I
d’antas.
Voilà d'une puritaine.
DE TUÉRINGE.
Oh! ne raillez pas notre foi, monsieur, elle nom a mût* mi demi-siècle d’exil.
DIANE
Maintenant, monsieur le marquis, pour vous répondre plus directement, j'b jouterai que nous ne somme» pas ici dans le paradis terrestre, que je ne suis pasLve, et que vous n 'êtes pas le serpent.
d’antas.
J'ai compris la leçon, m a<| émois- fie, cl je m’iucliue. (a rotneter vu* emr«.) Lh bien, lieutenant?
l’officier.
Le* Indiens sont en pleine déroute.
DIANE
El monsieur de Brionne, Pavez-vous vu?
l'officier.
Monsieur de Brionne a sauvé la vie au capitaine, et s’est battu comme un lion.
DIANE
El... il n'est pas blessé? «
- i.'orriciER.
Non, mademoiselle; maispir malheur, uous en avons d’autres qui le soûl grièvement, et je venais ici chercher du secours pour eux.
DIANE
Oh 1 je veux être la première â leur eu porter I Venez, bonue mère, venez I
DE TUÉRINGE.
Oui, allons, allons, mon enfant ! (eii#« d'antas.
Celte jeune fille est charmante et désirable entre toutes, cl cependant , ee n'rst pas encore elle qui rendra Carlos amoureux!... Chose étrange! une seule passion, celle de fur, a suffi pour remplir mon ardente jeunesse... Aujourd’hui, relie passion est largement assouvie: je peux satisfaire chacun de mes désira; je peux, en voyant la plus noble et la plus vertueuse, inc dire d'avance : elle m’appartiendra si je le veux! Mais alors, ce n'csl pas le nrut' qui parle!... Le cœur... Est-ce que jo suis destine à n aimer jamais?...