‹ La prière des naufragés drame en cinq actes par mm. D'Ennery et Ferdinand DuguéChapitre 26 sur 75 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

HORACE, D’ANTAS.

d’antas.

Vous disiez doue, monsieur ?...

HORACE

Que vous ne passeriez pas.

d’antas.

Ali çà! mou cher, est-ce une querelle que vous me cherchez,

par hasard?

HORACE

Comme vous voudrez.

d’antas.

Une querelle?... au saut du lit, si mutiu que cela, cotre un rêve

sur la cour du régent et une visite à une belle jeune fille \... ILchercher querelle, à moi?... décidément, vous ue me conuaissiz pas.

Je vous devine.

u’antas.

En vérité?... doue vous ne m’aimez point?...

HORACE

La première fois que je vous ai vu, monsieur, j’ni senti de la haine pour vous.

d’antas.

Delà haine?... oui, il y n comme cela des antipathies -soudâmes ; f donc, vous auriez beaucoup de plaisir à me tuer?

HORACE

J’en réponds!

ii’antas.

Mille grâces!... Voyons, je vais voua parler avec calme, car j’ai atteint nu Age où l’on ne s’emporte plus, et j’ai eu dans ma vie t op de choses terribles pour m’émouvoir de votre folle provocation. J’ai lutté contre les hèles féroces, contre des hommes plus dangereux que les lions et les tigres : vous comprenez alors que je ne dois pus avoir peur «l'un jeune extravagant qui soutirait empêcher le marquis d’Antas de trouver une femme belle et de le lui dire. All«»ns, ne tourmentez doue pas ainsi la garde de votre épée; moi, jo ne porte la mienne que pour la forme, comme je porte «les gants ci un chapeau. {c»n|xa<- (ru ci cri* awSebom.) Eli bien! qu’y a-t-il donc? (il iremie au f. n<i.J Encore «me attaque!... elle est chaud»’ et nous coûtera du inonde... Tenez, jeune homme, ne pensez plus a uie tuer, faites un meilleur usage de votre flamberge et courez dégagez votre ami qui est entouré- là-bas par les sauvages.

HORACE

Georges!... Nous nous retrouverons, monsieur!

d’amas.

Pardieu ! si vous rcstcf tranquille, nom passerons ensemble sept ou huit mois à bord. (Home cdwjn».) U m’a deviné, disaitil... ces jeunes gens ne doutent de rico.... me deviner, moi!... commo s’il y avait sur la terre un seul être capable d’épeler une syllabe de inou passé cl do découvrir sur la figure du marquis d’ An tas un des traits de l’aventurier Carlos! Tous ceux qui m’ont connu depuis quinze ans, tous ceux qui pourraient dire : C’est lui, ont disparu... l’Océan a englouti la famille de Lascours, le feu a dévore l't'ranie sur une plage déserte, cl la poudre en a broyé les dernier» débris; quant à mes complices qui élnicut plus dangereux que tout le reste, les trésors une fois trouvés, je ine suis débarrassé d’eux l’un après l'autre, ci la Üèchc einpoisomtée des Indiens a frappé ceux qu’avaient épargné les maladies et les torrents... Il a donc réussi, l’aventurier Carlos!... il a tenu trente ans à la chaîne son ambition inassouvie et il la démusèle enfin!... U va rentrer dan» cette Europe, sa patrie d’adoption; du fond de son désert, il se rue sur la ltabylono moderne... ü va lui acheter pêle-mêle tout cc qu’elle veut vendre... et cet homme n'a ni amis, ni famille; il ue doit à personne ni assistance, ni affection ; il est seul, tout seul, il ne connaît que lui, il u'aime que lui, il est IV*goüine enchâssé dans l'orl... Place donc à l'homme qui apporte des millions dans chaque maiu! place au marquis d'Antas! place au loi du monde 1

Page 1