‹ La prière des naufragés [microforme]Chapitre 37 sur 43 · D'ANTAS, GEORGES, UN SECRÉTAIRE D'AMBASSADE, PLUSIEURS SEIGNEURS · texte numérisé non relu

D'ANTAS, GEORGES, UN SECRÉTAIRE D'AMBASSADE, PLUSIEURS SEIGNEURS

UN DoMEsTIQUE (annpnçant)—Monsieur Georges de Laval, monsieur le secrétaire particulier de Son Excellence l'ambassadeur d’Espagne.

Le SECRÉTAIRE.—Nous venons vous: faire nos adieux, monsieur le marquis. Le départ de Votre Excellence est uu deuil pour chacun de nous.

D’Axras—Je suis charmé de votre attention, messieurs. J'espère être de retour dans quelques niois ; je ne fais qu’un voyage d’agrément dans le nord de l'Italie.

LE SECRÉTAIRE.—Quel bonheur pour vous de pouvoir sans Compter semer l’or sous vos pas.

D'Anras.—C'esi vrai, l'or je puis le prodiguer à mon gré. Savez-vous comment Je me suis fait l'ami de nos plus grands seigneurs

44 ee enFrne du régent même ? Je joue contre eux. et je perds toujours...

Tous.—Toujours !

D’Anras—Je perds infailliblement. D'autres corrigent la fortune à leur profit; moi je la corrige au profit de mes adversaires... D'autres trichent pour gagner; moi je triche pour perdre, au contraire : et tous ces gens-là m'aiment pour ce qu’ils appellent leur chance contre moi. Et tenez, monsieur le secrétaire de l'ambassade d'Espagne, si vous aviez fait hier ma partie et non celle d'un autre, on ne vous aurail pas gagné habilement dix mille écus !

LE SECRÉTAIRE. Quoi ! vous savez...

D'ANTas.—Est-ce que je ne sais pas tout ?

Mais qu’a donc monsieur de Laval à se tenir à l'écart ?

GEORGES.— J'attends que vous Soyez moins entouré, monsieur le marquis, pour recevoir vos ordres.

D'Anras.—Mes ordres (Les seigneurs causent entre eux.)

GEORGES (bas)..Monsieur le marquis, est-ce que vous exigez toujours que monsieur de Théringe aille mourir au Mexique ?

D’AnTas (bas).—Toujours.

GEORGES (bas).—Est-ce que vous ne permet trez pas qu’Horace sorte de la Bastille ?

D'Anras.—Non.. mais je vous avais défendu de revenir sur ce sujet, monsieur de Laval, et j'entends que mes serviteurs m’obéissent nveuglément.

GEORGES.—Je ne suis pas votre serviteur !

D'anTas—C'est vrai. mes serviteurs sont libres de me quitter et d'agir ensuite à leur

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guise. Il n’y a que mes esclaves que je tiens rivés à la chaîne.

GEORGES (avec énergie) —Oh ! monsieur !

si jamais je pouvais briser la mienne...

riez à vous venger de moi !….. Je comprends cela, mon cher ; mais vous ne le pouvez pas, vous ne lé pourrez jamais. Allons, je reçois vos adieux, messieurs, car j'ai quelques petits détails de voyage à règler. (4 sort.)

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