‹ La prière divine, le PaterChapitre 27 sur 85 · COMMENT SE MANIFESTE LE RÈGNE DE IMEU · texte numérisé non relu

COMMENT SE MANIFESTE LE RÈGNE DE IMEU

robscuriié, ployé sous le faix du travail, ot victime de l'orgueil des gens qui lui paieront sa journée. En entrant dans sa vie publique, il vivra du pain de la charité, et ne trouvera pas une pierre où reposer sa tête. Après avoir passé en faisant le bien, et en semant partout les merveilles, il sera garrotté comme un criminel, traîné de tribunaux en tribunaux, injurié, maudit, maltraité, flagellé jusqu'à l'épuisement de ses forces, et puis, avant d'aller le clouer sur le bois d'infamie, on lui mettra sur la tête une couronne d'épines ; entre les mains, un sceptre de roseau; sur les épaules, une pourpre ridicule, et des soldats, ivres de vin et de fureur, fléchiront les genoux devant lui, en chantant sur un air populaire : Ai^e rex ! Salut, Roi ! Ces misérables se moquent de lui, mais nous, nous, chrétiens, déchirons le voile d'ignominie qui enveloppe sa tôte auguste et nous découvrirons sur son front, l'onction mystérieuse qui le fait roi. Ne soyons pas étonnés de son misérable aspect, puisqu'il s'appelle Jésus, c'est-à-dire. Sauveur, et qu'il a pris sur lui la peine de tous les crimes du genre humain. Souvenons-nous que Dieu lui a dit : Tu es mon fils, et je t'ai engendré dans un éternel aujourd'hui. Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage : Postula a me et dabo tihi gentes in hœreditatem tiiam.

Jésus pouvait-il demander plus efficacement que par ses gémissements, ses larmes, ses opprobres, ses douleurs, son sang ? Que ne donnerait-on pas à celui qui gémit, qui pleure, qui est victime d'injustes mépris, qui souffre, qui répand son sang ? Dieu a vu son fils dans le triste appareil de ses maux. Il l'a vu tellement broyé, déchiré, couvert de plaies, anéanti, qu'il a été pris d'une immense pitié. Alors, il s'est penché vers lui, et lui a dit : Mon fils, est-ce bien toi ? Et Jésus, d'une voix mourante : Deus, Deus meus, ut quid dereliquisti me ? Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ! — Non, non, mon fils ; mon bienaimé, non, je ne t'ai pas abandonné. — Écoute, je te trouve plus beau que jamais dans la pourpre ^^^^ ton sang. Je t'ai tout promis ; je te 4#nne tout. ^ ^

Et Dieu lui a tout donné : puissance, honneur, ^ .jj royaume : dédit ei potestatem et honorem et regnum. z^^ Salut, Jésus ! Salut, mon roi ! Salut, roi du monde: Açe, Rex noster. — Vous l'entendez, Jésus est roi, et roi d'amour, puisqu'il a conquis sa royauté par le sacrifice sanglant de sa vie. S'il est roi, il faut donc qu'il règne : Oportet illum regnare ; qu'il règne par la vérité, la vertu et la grâce, les grands dons de l'amour. Et s'il faut qu'il règne, c'est à lui que nous devons adresser cette prière : Adi^eniat regnum tuum : qu'il arrive en tout temps et en tout

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lieu, c'esl-à-dire que nous devons demander la perpétuité et l'universalité du règne de Jésus.

Pour tous les temps qui nous ont précédés, le règne de Jésus est arrivé et s'est manifesté. Et pourtant, il a rencontré bien des obstacles. Pendant plus de quarante siècles, l'humanité avait créé dans son esprit, dans son cœur, dans sa vie, des habitudes qui constituaient comme un anti-règne en opposition au règne de vérité, de vertu et de grâce, que Jésus-Christ venait établir... Erreurs, corruption, protégées par la force. Jésus confond l'erreur par des signes merveilleux, et. la noie dans le torrent de la divine doctrine... Il confond la corruption par sa vertu et la sainteté de sa loi... Et si la force étend les mains, et s'arme du glaive pour protéger le mensonge et le crime, la grâce de Jésus-Christ crée contre la force, la sublime protestation du sang, de la mort et du martyre. Sanguis martyrnm semen christianoriim. Si je jette un coup d'œil à travers les siècles chrétiens, je vois que toujours Jésus a régné. Et si je connaissais à fond votre vie, si, brisant l'armure qui le protège, votre cœur venait se révéler à mon cœur, avec plus de confiance, je pourrais dire : Mon Jésus règne encore.

Mais l'avenir ! Qui lui donnera l'avenir ? — N'enlendez-vous pas qu'on le lui dispute, el qu'on proclame la fin prochaine de son règne ? Il y a des nations qui frémissent et des peuples qui méditent l'anéantissement de toute religion. Ceux qui se croient et s'appellent orgueilleusement les princes, princes de la science, princes de la richesse, princes de la puissance, s'assemblent et délibèrent contre le Seigneur et son Christ : Adsiiterunt reges et principes...

C'est fini, disent-ils, brisons ses liens et jetons loin de nous son joug : Dirumpamus vincula eorum et projiciamus a nohis jiigam ipsorum. Nous ne voulons pas qu'il règne sur nous : Nolumus hune regnare super nos. Nous n'avons pas d'autre roi que César : Non habemus regem nisi Cœsarem. Et César, c'est la libre-pensée, la passion sans entraves, la fortune triomphante, le succès couronné, la brutalité des faits accomplis détrônant le droit et la justice... Que dis-je, ni Dieu, ni Maître ! Ces misérables! 0 les fous! qui croient pouvoir couper, sous les pieds du roi Jésus, les routes de l'avenir. Demain com.me hier, et comme aujourd'hui, cette parole sera vraie : Oportet illum regnare. Il faut qu'il règne ! Nous croyons d'une foi plénière et inébranlable que le règne du roi Jésus n'aura pas de fin, cujus regni non erit finis... Mais il a ses ennemis ' On M m port p !

BIBUOTHECA

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il doit régner,, jusqu'à ce que Dieu les ait mis sous ses pieds : Oportet illurn regnare, donec portât omnes inimicos suh pedibus ejus. Et il ne les a pas encore écrasés. — Mais, non ! ô mon Jésus, ne les écrasez pas. Ecoutez, ô roi d'amour, écoutez la prière de vos fidèles sujets. Que pour vos ennemis arrive votre règne d'amour : Adveniat regnum tiium. Si votre sagesse sait atteindre avec force les confins de leur âme superbe et haineuse, elle saura bien aussi les disposer suavement, et les plier sous le joug de votre vérité, de votre vertu, de votre grâce. Si pourtant ils résistent à votre miséricordieuse bonté, un jour, qui sera éternel, vous les gouvernerez avec une verge de fer, et les briserez comme des vases d'argile : Reges eos in çlrgaferrea et tanquam ^asfiguli conjringes eos. Ils sauront bien alors, dans leur irréparable malheur, que vous êtes roi pour toujours. Par leur faute, et contre nos intentions fraternelles, notre prière sera exaucée et nous obtiendrons l'avènement perpétuel du règne de Jésus.

Nous devons obtenir encore l'avènement universel de ce règne.

Les prophètes de l'ancienne loi, emportés par le souffle de l'Esprit-Saint, dans les "champs de

l'avenir, y ont contemplé l'avènement du règne de Jésus et l'ont vu, non seulement se perpétuer dans le temps, mais se dilater dans l'espace. « Le vrai Salomon, la Sagesse éternelle, le Christ de Dieu, disait le Psalmiste, dominera d'une mer à l'autre mer, des bords de i'Euphrate jusqu'aux confins de l'univers Tous les rois de la terre l'adoreront, et toutes les nations lui seront assujetties. » — Et H prophète Isaïe • « Dressées comme des fantômes anxieux sur les flots de l'Océan, les îles inconnues attendront sa loi * Et legem ejus insulds exspectahunt. »

Déjà le roi Jésus a marché à grands pas vers l'accomplissement de ces oracles ; déjà bien des peuples se sont prosternés devant lui, et ont baisé pieusement l'empreinte de ses pieds. Cependant, il n'a pas fait encore sentir à tous, la suave pesanteur de son joug, ni manifesté universellement sa vérité, sa loi, l'action de sa grâce. Combien de nations lointaines sont encore avilies par le double esclavage de l'ignorance et du vice ! Combien attendent encore un royal libérateur qui les jette, pleines de bonne volonté et de force, sur les voies du plus grand et du plus enviable des progrès, le progrès religieux, le progrès divin !

Il manque donc quelque chose à Tuniverselle et suprême domination de notre roi ; c'est l'obéis-

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