‹ La prière divine, le PaterChapitre 3 sur 85 · Filius meus es ta, ego hodie genui te. (Ps · texte numérisé non relu

Filius meus es ta, ego hodie genui te. (Ps

pénétrez mutuellement, par un acte d'amour, acte si puissant, qu'il subsiste éternellement comme vous, qu'il est comme vous, une personne vivante, votre esprit, dont le nom propre est amour et charité.

0 l'admirable, ô l'ineffable paternité ! « Dieu est Père, dit saint Grégoire de Nazianze, d'une manière propre et singulière qu'on ne voit nulle part, proprio et singulari modo Pater est. Au sein des vivants, et jusque dans la coupe enbaumée des fleurs, l'acte générateur doit rencontrer un germe qu'il féconde ; mais Dieu, tout esprit, est lui-même le germe que sa paternité vivifie. — Dieu est Père tout seul, solus pater ; il n'a pas besoin d'un aide qui lui ressemble, pour recevoir et transmettre secrètement au Fils de son intelligence, les flots de vie qui doivent enfanter un autre lui-même. — Dieu est père d'un seul, solius pater ; toute sa force génératrice passe en son fruit, et la ressemblance qu'il produit est si exacte, si parfaite, si expressive qu'on ne peut pas concevoir qu'il y en ait jamais une autre. — Dieu est seulement père, solum pater. Source de la famille divine, il n'est point engagé, comme les autres vivants, dans un mouvement de générations qui se succèdent, avant d'être père, il n'a pas été fils. — Enfin, Dieu est totalement père de tout son fils, in totum et totius pater : ce qu'il fait pour les enfants des

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hommes dont il complète la génération par Tinfusion d'une âme vivante, personne ne le fait pour le fils qu'il engendre ^ »

Nous avons bien dit, Dieu est le Père par excellence, Dieu est la paternité même. Son acte générateur, avec ses admirables conséquences, suffit à son éternelle gloire, à son éternel bonheur ; il pourrait arrêter là les épanchements de sa fécondité. « Le souverain bien aime à se répandre . Summum honum est sui diffuswum. » Ce souverain bien, c'est Dieu, qui sans sortir de lui-même, sans rien retrancher de son être infini, s'est répandu dans l'œuvre grandiose et admirable de la création. Le monde, avec toutes ses merveilles, n'était qu'une idée éternellement contemplée dans son excellence même. Rien ne l'obligeait à réaliser cette idée, mais librement et amoureusement, sa volonté a décrété l'existence de tous les êtres et sa toute-puissance, par un acte sans effort, par une parole sans bruit, a tout commencé : le temps, les espaces, les substances, les forces, les mouvements, les fortunes, les relations, l'harmonie, l'ordre universel. Prêtons l'oreille aux voix du ciel et de la terre , toutes rô-

I. Proprio et singulari modo Pater, non sicul corpora; tum quia solus non enim ex conjunclione, tum quia solius nempe unigeniti ; lum quia solum, non enim ipse priusquam Pater esset filiusfuil; tum quia in totum et totius pater, quod de nobis certe affirmari non potest. (Gkeg. Nazianz. Oratioxxv, in laude Heroni philosophi, n«i6)-

PATERNITÉ DE DIEU l3

pètent le même cri : « Nous ne nous sommes pas faits nous-mêmes ; c'est Lui qui nous a faits : Ipse fecit nos et non ipsï nos » ^

Il est donc le Père de tout ce qui est, et de tout ce qui vit. C'est parce qu'il leur communique sa vertu génératrice que les êtres animés se reproduisent. Paternité essentielle et suprême, il est le principe de toute paternité : Ex quo omnis paternitas. Et cela, non par un acte transitoire, mais par un acte continu qui, non seulement maintient l'être, mais le gouverne et pourvoit à tous les besoins de son existence. N'est-ce pas ce que nous rappelle le divin docteur de la prière, par ces aimables et touchantes figures de l'Évangile . « Considérez les oiseaux du ciel, ils ne sèment pas, ils ne moissonnent pas, ils n'ont pas de greniers ; c'est le Père céleste qui les nourrit. — Voyez les lis des champs, ils ne travaillent pas, ils ne filent pas, et jamais cependant, jamais Salomon dans toute sa gloire n'a été vêtu comme l'un d'eux : Quanto magis vos pluris estis ! 0 hommes, combien vous êtes plus grands qu'eux » - ! Et par conséquent, combien Dieu, Père des créatures, est plus Père de l'homme, roi de la création !

« Dieu est père de l'homme, dit saint Thomas, au

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