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volonté est dirigée par une intelligence infinie dans sa science, infaillible en tous ses actes. Nous pouvons donc lui dire en toute assurance : Que votre volonté soit faite : Fiat voluntas tua. Précisons bien le sens de cette demande.
Et d'abord, qu'est-ce que la volonté divine si nous la considérons, non dans sa nature intime qui nous échappe, mais par le côté qui nous est le plus accessible, son mode d'action ? C'est une volonté libre et souverainement indépendante, c'est une volonté toute-puissante.
Les anciens avaient inventé un être froid et implacable qu'ils appelaient le destin. Sans yeux, sans oreilles, sans raison, sans entrailles, et cependant munie d'une volonté irrésistible, maîtresse des dieux et des hommes, cette monstrueuse divinité poussait les êtres devant elle, plutôt qu'elle ne les gouvernait. Mais elle a fait son temps; notre raison affranchie par de pures et nobles leçons a célébré les funérailles du fatum et enterré avec lui l'odieuse superstition qui déshonorait le ciel, et épouvantait le genre humain. Nous croyons que Dieu est libre, soit qu'il crée, soit qu'il gouverne, soit qu'il répande ses dons, soit qu'il les retire. Nous le croyons,
parce que la foi nous l'enseigne, parce que nos actes religieux le proclament, parce que la perfection de Dieu l'exige.
Parcourez l'Écriture, l'histoire la plus complète des rapports de Dieu avec la créature, vous n'y trouverez pas une seule page où il ne soit appelé Maître et Seigneur, noms qui, dans la contexture des récits et des enseignements, tendent à faire ressortir bien moins la nécessité du premier principe, que la souveraine indépendance de sa volonté. Cette souveraine indépendance s'exerce en toute œuvre divine. Ce n'est pas des nécessités de sa nature, mais de sa libre volonté que Dieu prend conseil pour agir au dehort : Omnia operatur secundum consilium voluntatis suœ. Esprit unique et toujours le môme, il distribue à son gré tous les dons : Hœc operatur unus atque idem spiritus dUndens singuîis prout vult. Veut-il faire miséricorde et se montrer clément au pécheur, il n'écoute que ion bon plaisir : Miser ehor oui i^oluero et clemens ero in quem miki placuerit. Enfm, dans ses vengeances, il agit librement : Deus ultionum libère egit.
Pendant que l'Ecriture nous enseigne en termes précis la liberté de la volonté divine, notre vie religieuse la proclame; car nous y renouvelons ^ sans cesse un acte qui devient incompréhensible^ dès qu'il s'adresse 5. la nécessité : je veux dire la
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prière, cet épanchemcnt d'une nature indigente dans un cœur libéral, ce cri de la misère à la suprême bienfaisance. Si Dieu n'était pas libre, il y a longtemps que nous aurions entendu sa voix nous dire : « Taisez-vous, ne m'importunez plus de vos plaintes et de vos désirs, de vos larmes, de vos prières ; j'ai les mains liées, je ne puis rien faire pour vous. » Mais Dieu n'a pas dit cela ; au contraire, il nous engage à demander, pour recevoir: Petite et accipietis. Les biens qui nous viennent de lui ne sont donc pas des biens dûs, des biens que la nécessité arrache à ses paternelles entrailles; ce sont des bienfaits. Il est infiniment libéral, et, selon la belle parole de Sénèque, '.< la libéralité reçoit son nom de la liberté : Liberalitas, quia a libero animo proficiscitur, ita nominata est ^ »
Il serait vraiment étrange que nous puissions nous glorifier d'une perfection qui manquerait à la j source de toute perfection. Nous sommes fiers de notre liberté, mais n'oublions pas que tout bien créé doit appartenir sous une forme infinie à celui qui est le bien suprême. Donc nous ne pouvons pas refuser l'honneur de la liberté à celui qui mérite tout honneur et toute gloire. Et puisqu'il est grand, puisqu'il est beau de pouvoir dire sans contrainte : je veux, ou : je ne veux pas, l'être parfait ne peut