I. Rom. (I, 2k
tables de pierre les commandements de Jéhovah. Ces commandements étaient un tableau où la conscience pouvait se lire tout entière.
Il semble que Dieu ait voulu nous dire : '< O homme ! tu es chair, et dans ta chair, ta volonté dépravée milite contre ma volonté sainte. Eh bien, je te prendrai par ta chair : ton oreille de chair entendra, ton œil de chair verra ma loi. J'unirai la manifestation extérieure de ma volonté à cette volonté intérieure que tu appelles la conscience. La conscience affirme mon existence, et t'impose, à mon égard, des devoirs sacrés. C'est vrai, écoute • Je suis ton Dieu unique, ton vrai Dieu, et tu n'adoreras que moi ; tu m'aimeras de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces ; tu ne jureras pas faussement et en vain, par mon nom ; tu prendras un jour parmi les jours de la semaine, que je t'ai donnés, pour m'honorer par un religieux et saint repos. La conscience t'apprend que tu ne dois pas vivre au milieu de tes semblables, pour côtoyer lâchement leur existence, et te remplir à leur détriment, de satisfactions égoïstes. La conscience a dit vrai, telle est ma volonté. Ecoute, si tu veux mourir plein de jours, honore ton père et ta mère, aime ta famille, respecte la vie, les biens, l'honneur de ton prochain, jusque dans tes désirs. La conscience veut que ton corps soit le vase sans
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reproche et sans lacho, d'une âme loyale et pure Ce que veut ta conscience, je le veux : Ecoute, tes lèvres ne prononceront pas de paroles mensongères; tu seras chaste, jusque dans tes pensées ».
C'est ainsi que Dieu parle, nous pressant du dedans au dehors, du dehors au dedans, dans les étreintes de sa volonté. Pour être coupables, il faut non seulement, que nous imposions silence à la voix intérieure qui nous apprend à discerner le bien du mal, mais que nous fermions à la fois nos oreilles et nos yeux, devenant ainsi plus inexcusables que les Gentils dont l'apôtre déplorait le criminel aveuglement.
3^ La conscience, le décalogue, ce n'est pas encore la suprême et souveraine manifestation de la volonté impérative de Dieu. Par le décalogue, il protégeait un peuple privilégié contre la corruption universelle des consciences. Mais il nous réservait une révélation plus sublime et plus parfaite que celle du Sinaï. Les prophètes l'avaient annoncée, et, l'heure venue, le législateur qu'ils nous promettaient, est descendu des cieux. Le Fils de Dieu, le Verbe, s'est fait chair : Verbum caro factum est, et par sa bouche de chair, il a fait connaître au monde les volontés de son Père. Plus de foudres, plus d'éclairs, plus d'ébranlements des cieux et de
la terre; le Verbe fait chair, doux et humble de cœur, a habité parmi nous, et a conversé familièrement et amoureusement avec les enfants des hommes, pour leur notifier la loi nouvelle, la grande bi, la loi parfaite, la loi évangélique, dernière et aiblime expression de la volonté de Dieu sur l'hu- Lianité. 0 loi admirable ! Dans quelles profondeurs e.le descend ! sur quels sommets elle s'élève ! quels horizons elle embrasse ! avec quelle splendeur et quelle fermeté elle détermine nos devoirs ! David disait de l'ancienne loi : -' Prœceptum Domini liicidwn, illuminans oculos : le commandement de Dieu esi lumineux, il éclaire les yeux. » Combien plus la loi évangélique ! Chacun des rayons qu'elle lance nois provoque à un plus grand bien. A celui qui voudrait n'être qu'un citoyen irréprochable aux yeix de la société, elle dit : Plus haut ! plus haut ! jusqu'à cette honnêteté radicale qui, non contente de faire ce qui est juste, s'abstient de désirer, de perser même ce qui est injuste. A celui qui veut n'ê re qu'honnête, elle dit : Plus haut ! jusqu'à la mutiplication, jusqu'à l'abondance des bonnes œuvres. — A celui qui veut n'être que grand en bonnes œuvres, elle dit : Plus haut ! plus haut ! jus([u'à la perfection, jusqu'à la ressemblance de Dica qui veut que nous soyons saints, parce qu'il est saint.
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L'Évangile ! Encore une fois, quelle adnnirable loi ! quelle grandiose et sublime expression de la volonté divine ! Elle ne s'adresse pas, comme au Sinaï, à un peuple privilégié ; elle s'adresse à tous les peuples de la terre « Allez, dit le divin légivslateur à ses ambassadeurs, allez et faites connaîtra à toutes les nations ce que je vous ai commande, et apprenez-leur à obéir : Euntes, docele omnts gentes... docentes eos ser^are quxcumque mandcpi vohis. »
Nous voici donc en présence d'une triple maiifestation directe de la volonté impérative de Diai, procédant d'une seule et même cause, le Veibe divin. C'est lui, dit saint Jean, ce Verbe qui 3st Dieu, Dieu comme son Père, par qui toutes choses ont été faites ; c'est lui qui est la vraie lumi<re, exprimant à tout homme, à son entrée dans le monde, les volontés de son Père ; c'est lui qui, 3ur la sainte montagne, a dicté aux Chérubins les volontés de son Père, gravées sur les tables de la.oi ; c'est lui, enfin, qui, revêtu de notre chair mortdle, a notifié à l'humanité qu'il venait purifier dansson sang, les dernières et sublimes volontés de son Père.
Conscience, décalogue, Évangile ! En présence de cette triple manifestation, préparons nos volontés à la soumission et à l'accord parfait. Respectons notre conscience, écartons avec soin out
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ce qui peut obscurcir sa lumière et fausser sa droiture. Ajustons-la à la loi écrite que Dieu lui a donnée pour l'aider dans la pratique du bien et la fuite du mal. Disons comme le Psalmiste : « Legem taam dilexi, Seigneur, j'aime ta loi sainte.)' Je veux la méditer et l'approfondir pour la mieux connaître: Mandata tua meditatio mea est. — Scriitabor mandata Dei mei. Je marche avec délices dans la voie qu'elle me trace. Plus haut! plus haut ! Entrons dans l'Évangile ; pénétrons chaque jour plus avant dans ses saintes profondeurs ; obéissons à l'appel divin qui nous convie à la perfection de la sainteté; unissons-nous à ce Verbe anéanti qui est venu nous faire connaître la volonté de Dieu, et disons comme lui : « Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père. » Il nous a donné l'exemple, imitons-le, et qu'ainsi la volonté de Dieu soit faite : Fiat voluntas tua.