PSALM., IV
l6 PATER POSTER
face de Dieu, c'est-à-dire que notre intelligence ne peut avoir d'autre objet que celui qui réjouit l'intelligence divine : le vrai. Le vrai est l'aliment immatériel de tout esprit. Dieu, esprit parfait, s'en nourrit dans l'immobile contemplation de son être, source et support de toute vérité, et par cela même qu'il nous configurait à son essence, il devait nous convier à son festin. Sa sagesse a donc dressé la table autour de laquelle se rassemblent les légions infinies des intelligences créées K Les anges nous y précèdent, mais nous sommes aussi de la fête. Pendant qu'une partie de nous-mêmes s'incline vers la terre, pour lui demander son pain quotidien, l'autre partie, attirée vers les régions supérieures de l'intelligible, se repaît de la mystérieuse substance du vrai. Sans doute, il y a un abîme entre la connaissance de Dieu et la nôtre, un abîme entre la manière dont les esprits angéliques voient intellectuellement et la manière dont nous voyons ; mais en définitive, le vrai pain quotidien de Dieu et des Anges, est le pain quotidien de l'esprit humain.
Configurés à la beauté intellectuelle de Dieu, par le souffle paternel de l'acte créateur, nous le sommes encore à sa beauté morale ; car comme lui, nous sommes libres ; comme lui, capables de vouloir le bien avec amour. Mais quel bien ? — Le bien