CHAPITRE XXIII
De la condition rigoureuse qu'a requise le Père céleste avant de nous pardonner nos offenses.
Pour obtenir notre pardon, une condition est rigoureusement indispensable : pardonner nous-mêmes à ceux qui nous ont offensés
I. — Chez le peuple juif, en dépit de la loi du talion. Dieu demandait un sentiment d'universelle fraternité. Le Maître est venu, et il nous impose la loi du pardon, par ses promesses, par ses commandements, par ses menaces : le tout est résumé dans la parabole du Maître qui veut se faire rendre compte par ses serviteurs (Matthieu xvii). C'est une loi juste, parce qu'à la miséricopde de Dieu envers nous, nous devons répondre par la miséricorde; c'est une loi rigoureuse, parce qu'elle nous place dans la redoutable alternative de devenir les
• amis de Dieu on de rester ses ennemis 348
II. — Extension de la loi du pardon. Ceux que nous ne devons pas regarder coinnie des offenseurs. Quant aux vrais olï'enseurs, tout en haïssant en eux les intentions, les actes pervers, n'oublions pas qu'ils sont hommes, nos frères. La cliarité ne nous défend pas de demander la réparation du tort causé, mais en épargnant, autant que possible, la personne du coupable. Il faut pardonner, même dussions-nous n'obtenir aucune réparation. Nous sommes toujours tenus à ce que saint Thomas appelle « le nécessaire de la charité » : quel est ce nécessaire? — Nous pouvons davantage et, à l'exemple des saints, aller au-devant de l'olfenseur et chercher à gagner son âme. Exemple du Sauveur dans sa Passion ; voilà notre modèle. l\ôi
CIIAPIÏKE XXIV
Que la justice et la charité nous obligent à demander pardon aussi pour les autres.
La justice et la charité exigent que nous donnions une plus grande extension à notre prière : Pardonnez-nous nos offenses ......... 367
I. — La justice, à cause de notre responsabilité dans un certain nombre de fautes qui se commettent autour de nous, et dans les châtiments qu'elles ont mérités. Car le péché sort de lui-même et se répand comme une peste dans une longue suite de générations : scandales, mauvais conseils, paroles coupables, négligence et faiblesse dans l'exercice de l'autorité que nous pouvons avoir, défauts que nous n'avons pas combattus en nous et qui sont,
LE PATER. — m '
402 TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈnES
pour nous et pour le prochain, des sources de péchés, etc. : Ab occultis meis munda me. . . . :|67 II. — La charité, à cause des liens de fraternité qui nous unissent, en ce monde et en l'autre, à tous les pécheurs, et nous l'ont un devoir de venir en aide à leur misère plus grande que toutes les misères. En effet, misère lamentahle du pécheur, amoindri, dépouillé, dans l'impossibilité de mériter : donc, devoir de prier pour eux. En outre, les pécheurs sont pour nous un danger; leurs fautes appellent sur la société les châtiments divins : nouveau motif de prier pour eux. Dans l'autre monde, sont les âmes du purgatoire; peut-être souffrent-elles à cause de nous ; en tout cas, ce sont des membres du corps mystique de l'Eglise, et la charité veut que nous étendions notre prière jusqu'à elles. . . . 371
3ibliothfeque -site d»Ottawa Echéance
The Lâbrary University of Ottawa Date Due
xt
OB
CD
luj^^
JO
le 1 c
Ui