CHAPITRE XXI
Qu'il faut demander au Père qui est aux deux de nous remettre nos dettes.
Notre vie ici-bas est troublée par des accidents qui peuvent l'empêcher d'arriver à son terme et qui nous obligent à réclamer la miséricordieuse indulgence et la paternelle assistance de Dieu. C'est l'objet des trois dernières demandes de l'Oraison dominicale. Par la première, nous demandons la remise de nos dettes. . . , 315
I. — De quelles dettes s'agit-il? Débiteurs innocents et fortunés que nous étions par l'accumulation des dons de Dieu dans notre nature, nous devenons débiteurs coupables et malheureux par la violation de son droit, par le péché. Impuissants à le satisfaire, parce qu'on ne peut trouver dans la créa-
ture la matière d'une peine qui égale le péché, nous n'avons pas d'autre ressource que de recourir à sa miséricordieuse bonté .'MO
H. — Dieu nous pardonne ; mais, en nous tenant quittes de la peine éternelle que nous avons méritée, il la commue en une peine temporelle que nous devons subir en ce monde ou en l'autre. Cette peine temporelle se multiplie comme nos fautes. C'est une dette dont nous pouvons nous libérer par les satisfactions sacramentelles, les bonnes œuvres, la pieuse acceptation des misères et des douleurs de cette vie. Malheureusement, notre légèreté, notre mollesse, notre lâcheté, nous empêchent de profiter de ces moyens ; nous ne pouvons donc nous délivrer qu'en recourant à la miséricorde divine 321
GIIAPIÏRE XXIl
Dans (laelles dispositions nous devons demander ùii Père divin la remise de nos dettes.
11 est nécessaire que nous demandions à Dieu pardon et rémission. Dans quelles dispositions devonsnous le faire ? avec crainte, avec confiance , . . 331
1. — Avec crainte. — En reconnaissant que nous sommes pécheurs, nous rendons-nous compte de la gravité de nos fautes, de leur nombre? Mais ce que nous ne voyons pas, Dieu le voit ; ce que nous ne savons pas. Dieu le sait; ce que nous oublions, Dieu s'en souvient. Les saints l'ont compris, et ils ont tremblé dans l'attente des jugements de Dieu î
Imiloris-Ies : demandons le pardon avec une humble
et religieuse crainte *Î32
II. — Av(!C confiance. — Si Dieu est infiniment juste, il est infiniment miséricordieux : exemples dans l'Ancienne Loi. Puis, le Sauveur est venu, et il est la miséi'icorde même; il a voulu rester parmi nous pour nous juger dans cette vie et nous absoudre au tribunal de la pénitence,, oi'i nous recevons l'assurance du pardon, il veut davantage : et il veut, dès maintenant, nous délivrer des dettes temporelles qui nous restent à expier : il nous offre la satisfaction sacramentelle, les bonnes œuvres, nos souffrances, nos travaux, les indul-
. gences, comme autant de moyens. Donc confiance. ^6