‹ La prière divine, le PaterChapitre 9 sur 85 · JuAK. I, Epist. Cap. m · texte numérisé non relu

JuAK. I, Epist. Cap. m

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peut lui donner, c'est un titre avec des droits. Mais Dieu va plus à fond. Il opère au vif de notre substance, et nous engendre surnaturellement, en nous communiquant sa propre nature par une certaine participation de ressemblance ; nous nous appelons ses fils parce quie nous le sommes, en effet. 11 est vrai que l'être infini n'est communicable qu'aux personnes divines ; aussi n'avons-nous pas la prétention de nous égaler à Dieu. Mais parce que Dieu a dit formellement par la bouche de saint Pierre « que ses dons nous rendent participants de sa nature • dwinae consortes naturae ^ » nous devons croire à cette participation, différente sans doute, de celle des personnes divines, mais réelle et efficace au point de nous mériter le titre de vrais fils de Dieu, et par ce titre, celui de dieu^c selon les belles déductions de saint Augustin : « 6"^.' filii Dei facti sumus et dei facti sumus ^. »

Ainsi donc, par la grâce, Dieu donne à l'âme une forme divine, « Dieu est la vie de l'âme, comme l'âme est la vie de la chair : Anima vita est carnis, animae vita Deus . » « Par lagiâce, dit saint Thomas, toute la Trinité habite en nous : Per gratiam tota

I . Maxima et pretiosa proinissa nobls donavil, iit per hssc efficia^ mini divinae consorLes nalurae. ([I, Petr. Cap. i.)

a. Deus qui jusUficat, ipse deificat : quiajustificandoJîUos Deifacit. Si filii facti sumus et dei facti sumus. (S. Auglst. if Psalm. xlix Serm. xiii, de Verbis Dominic.)

Trinitas inhabitat mentem ^ » — Dès lors, ce n'est plus seulement la nature, c'est l'Esprit de notre filiale adoption qui lance vers le ciel, cette invocation : Père ! Père ! « Accepistis spiritum adoptionis filiorum, in quo damamiis : Ahba, Paler ^. »

Père ! — Par ce seul mot, nous confessons le mystère de la vie intime de Dieu, mystère fondamental sur lequel repose tout l'édifice de notre foi, et, en même temps, le dogme de la création, la grandeur de notre nature, et sa transformation surnaturelle par la grâce.

(( Père ! » Ce mot seul nous promet l'amour infini et la bienveillante sollicitude du suprême auteur de notre être et de notre vie, et nous demande, en échange, un amour filial, plein de respect, de reconnaissance, de confiance et d'abandon.

Que béni soit le Maître adorable qui nous l'a révélé, et mis sur les lèvres !

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