‹ La prièreChapitre 10 sur 136 · Luc, cap. xviii · texte numérisé non relu

Luc, cap. xviii

faut prier », disait-il, et inslinctivemenl notre nature lui répondait : « Car il faut vivre » ; la prière est la loi suprême de toute vie humaine, combien plus de toute vie chrétienne.

En effet, toute vie participée (et il n'y a que la vie de Dieu qui ne reçoive rien d'une autre vie), toute vie participée doit, sous peine de tarir, communiquer avec sa source, et en recevoir de continuels épanchements. L'homme n'ayant, sous tous rapports, qu'une vie participée, doit donc communiquer avec Dieu, comme le cours d'eau avec sa source, comme la plante avec la terre où elle a germé ; l'homme doit, en quelque sorte s'appliquer à Dieu, comme l'enfant au sein de sa mère, et puiser, dans les entrailles si riches et si fécondes de son Père Céleste, les flots de vie qui s'ajoutent sans cesse aux flots de sa vie, et se renouvellent à mesure qu'ils s'épuisent. Or, le moyen, pour l'homme, de communiquer avec Dieu, de s'appliquer à Dieu, c'est la prière.

Voilà la loi. Nous ne l'ignorons pas, mais nous l'oublions trop facilement. Combien de malheureux dont Dieu pourrait dire : <.< Me der clique ni nt foniem cujiiœ vivse^ : Ils m'ont abandonné, moi, la source de vie ». '

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