‹ La prièreChapitre 119 sur 136 · Luc, cap. x-vii · texte numérisé non relu

Luc, cap. x-vii

toutes les heures, tous les instants sont bons à la prière ^ ; mais le moment où elle devient plus nécessaire, c'est lorsque nous avons, comme le Sauveur, quelque grand combat à soutenir contre les ennemis de notre foi et de notre salut.

Nous croyons, mais voici venir le souffle aride du doute et l'orage des contradictions. Quelles opinions malsaines, quelles critiques malveillantes, quelles négations effrontées s'agitent autour de nous ! La science conspire contre les vérités saintes que la candeur de notre foi a toujours acceptées sans résistance ; Dieu lui-même n'est pas épargné. Les livres que nous ouvrons suent le blasphème. Des lèvres mêmes de nos amis, nous n'entendons tomber que des parolesde dédain qui outragent nos plus chères croyances. Et puis, il y aitant de gens qui paraissent tranquilles dans leur indifférence. Faut-il donc ne plus croire? — O malheur ! il semble que l'édifice de la foi, si fortement assis tout à l'heure, au faîte de nos Ames, s'ébranle jusqu'en ses fondements. C'est l'heure ; hsec est hora. — Prions. — Demandons à Dieu la lumière qui chasse loin de notre intelligence les ombres mor-

]. Voyez chapitres X et XI ; Jour et Heures delà PiutRE.

l'orante divin 409

telles de l'erreur. A mesure que croît le péril, demandons l'accroissement de notre foi : « Je crois Seigneur, mais augmentez ma foi : Adauge nobis fidem » ^.

Nous sommes attachés à la pratique du devoir ; nous l'accomplissons en hommes qui ont souci de leur dignité, en chrétiens qui poursuivent une perfection ,dont la nature ignore le terme et les voies. Mais le monde multiplie autour de nous les exemples pervers, trop vive et trop séduisante expression de la corruption de ses maximes ; dans notre sein, les passions, dociles aux appels du dehors, se tourmentent, et demandent à grands cris des satisfactions réprouvées. Allons-nous céder aux entraînements du respect humain ? Allons-nous faire aux bêtes affamées qui attendent une pâture le sacrifice de notre vertu ? Hélas, l'ennemi est si fort^ et nous sommes si faibles ! — Mais Dieu va venir. C'est l'heure : hsec est hora. Appelons le Seigneur au secours de notre misère. « 0 Dieu, viens à notre aide, hâte-toi de nous secourir ^ Sauve-nous, nous périssons : Domine^ salua nos, perimus » 3.

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