Posl lempeslalem Iranquillum facis (Tob., cap. ni
l'orante divin 421
poitrine, le cri plus énergique de leur sang. Les grands chrétiens n'ignorent pas que ceux qui leur sont chers sentiront plus sûrement l'efficace d'une prière bien faite dans la douleur. Comme ces ceps auxquels sont suspendues des grappes opulentes, si le soleil vient à les frapper de ses rayons, le fruit mûr se fendille, et laisse échapper, goutte à goutte, le suc qu'il contient ; mais foulé au pressoir, il éclate, et répand des flots de la généreuse liqueur qui réjouit le cœur de l'homme. Ainsi l'âme des grands chrétiens ; sous les rayons consolateurs du soleil éternel, elle jouit et ne s'épanche qu'avec mesure ; mais quand elle est pressée dans les rudes étreintes de la douleur, ses mérites débordent et communiquent je ne sais quelle efficacité mystérieuse à ses prières qui retombent, chargées de grâces, sur ses amis.
Cher Fils de Dieu, comment vous remercier de la belle leçon que vous donnez à notre piété ! Quand, après avoir entendu votre commandement, nous vous demandions, par la bouche des Apôtres, de nous apprendre à prier : Domine, doce nos orare, vous nous avez dicté l'admirable oraison qui devait devenir le Psautier quotidien de l'humanité chrétienne, le Paler ; vous nous
avez donné conseils et promesses, pour nous encourager à rendre nos prières parfaites. Et voilà que pour compléter votre enseignement, vous posez devant nous, Orante divin, comme le parfait modèle des priants. Un regard jeté sur vous résume tout ce que nous avons pu apprendre par de longues considérations sur le devoir, la dignité, les formes, la préparation, les qualités, l'objet, le temps, l'efficacité de la prière. Il ne nous reste plus qu'à vous imiter, à nous unir à vous, à entrer en vous, à prier, comme nous y invite la Sainte Eglise .• Per ipsiim, et ciim ipso, et in ipso, par vous, avec vous, et en vous, afin que nos prières deviennent des prières divines.
Il faut prier. — Précepte de Jésus-Christ. — Pourquoi ce précepte ? Parce qu'il faut vivre. — La prière est la loi suprême de toute vie humaine ; Combien plus de toute vie chrétienne ! . . . . 3
Plan de l'ouvrage. — Deux définitions de la prière réunies en une seule, — développée et justifiée dans le cours de l'ouvrage 5
Rien de plus nécessaire que l'élévation de notre esprit et de notre cœur vers Dieu : 1° par l'adoration, 2° par l'action de grâces ; .3° rien de plus noble et de plus digne de l'homme 9
L — Dieu se doit à lui-même l'élévation de l'intelligence humaine vers lui et la prière d'adoration qui en est la résolution pratique. — Appels de Dieu dans l'ordre de la nature, — dans l'ordre de
la grâce. — Ladoration est la réponse logique et nécessaire de Tâme à ces appels 10
II. — Il faut que le cœur s'élève et prie comme Tintelligence. — La grande et noble nature de l'homme est comme le rendez-vous des bienfaits de Dieu. — Tout bien communiqué doit revenir à sa source première. — 11 y revient par la reconnaissance, dont Texpression est l'action de grâces. — La nature nous impose cette prière ; l'Église nous la demande 20
III. — Refuser à Dieu l'adoration et l'action de grâces serait méconnaître notre dignité. — L'homme seul est capable ici-bas de rendre à Dieu la gloire qui lui est due ; — 1" pour son compte personnel ; 2° pour le monde entier en raison de sa dignité : 11 est le prêtre de la création. — Lors môme qu'elle se borne à l'adoration et à l'action des grâce», la prière joue un rôle important dans le gouvernement divin 25