‹ La prièreChapitre 32 sur 136 · Rom., cap. xv · texte numérisé non relu

Rom., cap. xv

Ainsi donc, la prière publique est l'adoration, l'action de grâces, l'impétration à leur plus haute puissance, une force d'entraînement, la manifestation religieuse et solennelle de notre fraternité. — Que conclure de là pour notre vie pratique ? — Que nous devons nous prêter avec une docilité toute filiale aux exigences de l'Eglise, lorsqu'elle nous convie à ses messes, à ses offices, à ses cérémonies, puisqu'elle demande de nous l'accomplissement d'un devoir qu'on ne peut négliger sans trahir, en même temps, la cause chrétienne et la cause sociale. Ne nous endormons donc pas dans l'égoïsme d'un culte privé, mais écoutons les profonds instincts qui tourmentent le cœur d'un peuple vraiment religieux, et demandent à se traduire par de solennelles explosions. Prier, c'est avant tout et par-dessus tout la gloire et la félicité d'un peuple. Alors qu'elle n'avait pas étouffé ses bons et saints penchants, la aaïve antiquité croyait ne pas pouvoir mieux proposer un homme à l'estime et à l'admiration de ses contemporains, qu'en l'appelant : « Mortel chéri des Dieux ». Ainsi ne croyons-nous pouvoir mieux proposer un peuple à l'estime et à l'admiration de l'univers, qu'en l'appelant : « Peuple chéri de Dieu ».

Mais quel est le peuple que Dieu chérit? —

Est-ce celui dont le Psalmiste a fait une si brillante peinture ? — « Les enfants des étrangers, dit-il, ont la bouche pleine de paroles de vanité, et leur droite est remplie d'iniquité. Et pourtant, leurs jeunes fils croissent autour d'eux comme des plantes nouvelles, leurs filles sont parées et ornées comme des idoles. Leurs celliers sont si remplis qu'ils se renvoient de l'un à l'autre leur surabondance. Leurs brebis sont fécondes, et quittent en foule la bergerie, leurs génisses sont grasses et fortes. Il n'y a pas de brèches à leurs murailles, pas de passages pour le voleur de nuit. On n'entend ni plaintes, ni cris sur leurs places publiques. Et l'on dit : Bienheureux le peuple à qui sont toutes ces choses : Bealiim dixeriint popiiliim oui hsec siint ». Mais non ! mais non ! « Bienheureux, plutôt, le peuple qui a le Seigneur pour Dieu : Beafus populiis cujus Dominas Deiis ejns » ^. — Bienheureux le peuple qui se tient à ses pieds, comme un enfant aux pieds d'un père. « Bienheureux le peuple que Dieu sauve, parce qu'il s'humilie : Oiioniam la popuUim hamilem salvLim faciès » 2. Bienheureux le peuple qui, au plus fort de ses maux, s'écrie : Dieu est mon

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