‹ La prièreChapitre 36 sur 136 · Heb., cap.v, 1. X*^ u^'' >'"? ;;s · texte numérisé non relu

Heb., cap.v, 1. X*^ u^'' >'"? ;;s

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Nous voulons remercier Dieu de ses bienfaits: bienfaits de la nature, bienfaits de la grâce ; c'est le prêtre qui appelle en haut nos cœurs, et s'écrie, joyeux interprète de notre reconnaissance : « 11 est digne, il est juste, il est équitable, il est salutaire, de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux : Vere digniim et justum est, œqutim et saliilare, nos tibi semper et ubiqiie gratias agere, Domine sancte, Pater omnipotens, œterne Dens ».

Nous voulons, misérables pécheurs, détourner de notre vie sociale où le crime triomphe, les verges et les fléaux de la justice divine ; c'est le prêtre qui pleure pour nous près de Tau tel, et dit à Dieu : « Pitié, Seigneur, pitié pour ton peuple, ne sois pas éternellement irrité contre lui : Parce, Domine, parce populo tiio, ne inieterniim irascaris nobis ».

Xous voulons ouvrir la source féconde d'où la griUe divine s'épanche sur nos misères terrestres; et c'est le prêtre qui, sous mille formes, à la fois solennelles et touchantes, traduit nos vœux, et les transmet à Dieu, qui doit les exaucer.

Louanges, actions de grâces, supplications de notre indignité et de notre misère, il concentre tout dans son âme consacrée, et afin de

PRIERE D OFFICE

grandir nos actes religieux à la mesure de l'infini qu'ils doivent atteindre, lui, forme expresse du Christ et en communication intime avec lui par sa consécration, il jette tout et déifie tout dans le cœur de ce prêtre universel et divin : Per Dominiim nostriim Jesiim Chrislum.

La prière publique, sous cette forme, n'est que le moindre office du ministère sacerdotal exercé au nom de l'Eglise. Il est un acte religieux plus sublime et plus agréable à Dieu que tous les hommages qu'il reçoit de nos cœurs et de nos lèvres : c'est la chose sacrée par excellence, la prière vivante et immolée, le sacrifice qui, selon le saint Concile de Trente, est la principale raison d'être du sacerdoce. Un autel, une victime, un prêtre, tel est le groupe auquel s'unissent de cœur et d'àme les peuples prosternés pour exprimer, au degré suprême, l'anéantissement de leurs adorations, la ferveur de leurs actions de grâces, la violence de leurs désirs et la mort du péché dont ils redoutent le châtiment, ^lais au milieu des pompes religieuses dont la piété des peuples avait entouré le sacrifice, quelles misérables victimes ! La majesté du sacerdoce mosaïque ne parvenait pas à les grandir, et lors même que Dieu daignait les accepter, il ne pouvait pas les agréer.

Oublions ces hosties imparfaites, et regardons entre les mains du prêtre, la chose sacrée qu'il oiïre à Dieu, au nom de tout le peuple chrétien. Nos yeux charnels ne voient que de fragiles apparences, mais notre foi traversant les voiles eucharistiques s'écrie : ^< Dieu ! voici Dieu ! : Deus, Ecce Deus ! » Oui, c'est un Dieu, un Dieu qui s'est fait, par amour, la chose sacrée de l'humanité ! Il est bien à nous, car il a pris chair dans le sein d'une femme de notre famille, et est devenu un tout petit enfant des hommes ; c'est bien une victime, car il a livré son corps et répandu son sang pour nous, et il se donne immolé dans son sacrement. Son anéantissement adore, rend grâces, implore, expie autant que Dieu est gra^nd, bon, juste et saint. La chose sac^-ée de l'humanité, la prière vivante et immolée égale celui à qui elle est offerte. « En voyant le Christ sacrifié et gisant sur l'autel, dit saint Jean Chrysostome, le prêtre penché sur la victime et priant, tous les assistants couverts de ce sang précieux, pouvez-vous penser que vous êtes encore ici-bas et parmi les hommes? N'ctesvous pas comme transporté dans les cieux, et votre àme dégagée des sens et de toute pensée terrestre, ne croit-elle pas contempler à décou- \ vert les mystères d'en haut ? O prodige ! 0

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amour de Dieu pour les hommes ! Celui, qui làhaut, règne avec le Père est, en ce moment, entre les mains des mortels » ^.

Oui, entre les mains des mortels, car le prêtre qui offre à Dieu la victime adoratrice et suppliante, c'est nous tous. L'officiant esl seul à l'autel, mais nos religieux désirs et nos pieuses intentions l'enveloppent et le pénètrent. Ne pouvant pas toucher directement la victime sainte, nous mettons, en esprit, nos mains dans les mains consacrées de celui qui la touche. Aussi le prêtre appelle-t-il ce qu'il offre « notre sacrifice : Nostriim sacrifîciiim ». — « C'est le mien et le vôtre, dit-il, en nous invitant à nous unir à lui par la prière : Meum et vestrum. — 11 a dit: « J'offre ; Offero », en préseijtant à Dieu les oblations qui doivent devenir le corps et le sang du Christ ; mais après que ces oblations sont transsubtanciées, il rappelle à Dieu notre action collective : « Nous offrons, dit-il, offerimiis. Nous offrons l'hostie pure, l'hostie sainte, l'hostie immaculée : Offerimiis tibi... hosliam piiram, hosliam sanctam, hostiam immaciilatam ».

Il est beau, sans doute, de voir ce présenteur sacré donner au peuple le signal de la prière,

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