Lib. III, de Sacerdotio, n
lui monlrer le ciel, s'élancer le premier en criant : Siirsiim corda ! et entraînant toutes les àuies à sa suite. Mais détournons les yeux de ce magnifique spectacle, et considérons plus à fond Toffice sacerdotal.
On ne peut pas réunir tous les jours le peuple chrétien pour une prière publique et solennelle, et cependant tous les jours. Dieu est son Dieu ; tous les jours, il a besoin de sa protection et de son assistance ; tous les jours, il y a dans la famille chrétienne des oublis religieux, des abstentions coupables, des silences honteux qui demandent une réparation. Se peut-il que la famille chrétienne cesse, la plupart du temps, d'être présente à Dieu, de lui faire entendre sa grande voix, et de lui rendre ses devoirs? — Evidemment, non. La gloire de Dieu et les nécessités de notre vie collective exigent que la prière publique soit une prière journalière.
L'Église y a pourvu ; elle a fait de son })rctre Torante public. Môme en l'absence du peuple, même quand il est seul en son oratoire, ou sur le sentier. perdu d'une campagne déserte, « le prêtre est le représentant et l'ambassadeur de l'Église universelle, chargé par elle de prier pour tous : Socerdos est procurator el minihis universalis Ecclesiœ, ab ea missus ut oret pro om-
PRIÈRE d'office 105
nibiis ». — « Leprêlre personnifie l'Église, prend sa ^■oix et porte au ciel sa parole : Sacerdos personam induit Ecclesiœ, verba illus gerit, uocem assumit » *. Comprenons bien cela. Pendant que nous sommes à notre travail, à nos affaires, à nos plaisirs, à notre repos, un tout petit vicaire, un pauvre curé de campagne récitent le bréviaire : c'est le peuple chrétien, c'est toute l'Eglise qui prie: a Sacerdos persona publica, atque totiiis Ecclesiœ os ». Aussi l'Eglise a-t-elle eu soin de distribuer harmonieusement le bréviaire entre les heures du jour et de la nuit, et d'enrichir cette prière faite au nom du peuple, des psaumes, des cantiques, des hymnes, des oraisons les plus capables de chanter la gloire de Dieu, de toucher son cœur, et d'attirer sur la famille sainte qui l'adore et l'invoque par la bouche de son ambassadeur, les meilleures bénédictions de sa paternelle bonté. — Nous pouvons dire la même chose du sacrifice. Même quand il est seul à l'autel dans une église déserte, c'est toujours au nom du peuple que le prêtre offre à Dieu la prière vivante et immolée ; c'est toujours notre sacrifice : Noslriim sacrifie iiim ; c'est toujours nous qui l'offrons ; Offerimus.