‹ La prièreChapitre 62 sur 136 · JoAN., cap. IX · texte numérisé non relu

JoAN., cap. IX

des théologiens graves aient traité durement la prière du pécheur, nous nous rangerons du côté de ceux qui Tont mise sous la protection d'une mansuétude éclairée par la science. Malgré ses souillures et ses épouvantes, le pécheur peut-il prier encore ? Oui, mais il se condamne à un acte difficilement efficace ; il en perd le mérite éternel, en maintenant un obstacle que Dieu réprouve ; il ne nous laisse, devant son imparfaite fidélité, que des espérances craintives.

Pécheurs, si vous priez encore, oserez-vous dire que votre âme, dépouillée de la robe nuptiale de la grâce, est préparée à la prière ? N'y at-il rien qui vous effraye, dans laffreuse stérilité de votre vie religieuse ? Ne voulez-vous pas la rendre de nouveau féconde ? Eh bien ! apprenez d'un de vos semblables ce qu'il faut faire.

Comme vous, il avait offensé finlinie majesté de son Dieu, et comme vous, il cherchait àcouconcilier son crime avec son devoir. Mais un prophète vint lui dire : Il est un homme infâme que Dieu va maudire, puisque la justice d'icibas ne peut rien sur lui, et tu es cet homme : <( Tu es il le vir ». Alors le roi David déchira ses vêtements, se couvrit d'un cilice, baisa la poussière, et laissa échapper de son cœur ces plaintifs gémissements que les échos des siècles nous

ont transmis : « Seigneur, Seigneur, épargnemoi dans ta fureur, ne me saisis pas dans ta colère. Tes flèches ardentes se sont fixées dans mon cœur et ta main est tombée sur moi. Devant ta face courroucée, plus de santé pour ma chair, et, devant mes péchés, plus de paix pour mes os. Mes iniquités sont montées, montées sur ma tête, et je sens qu'elles m'écrasent. Mais j'ai espéré en vous, vous m'exaucerez, n'est-ce pas, ô mon Dieu î Ecoutez ! Je vais dire à tout le monde mon iniquité, et toute ma vie je penserai à mon péché » 1 ; — « Seigneur, Seigneur, ayez pitié de moi selon votre grande miséricorde, lavez-moi, purifiez-moi, rendez-moi la joie du salut et la paix de votre esprit. Et puis ouvrez vous-même mes lèvres de vos mains très pures et ma bouche publiera vos louanges : Domine, labia mea aperies : et os meum annanliabit laudem tuam » 2. Tels doivent être les sentiments du pécheur

1. Domine ne in fiirore luo arguas me : neque in ira tua corripias me. — Quoniam sagitlse tuas inflixae sunt mihi et confirmasti super me manum tuam. — Non est sanitas in carne mea a facie iras tuae : non est pax ossibus mets a facie peccatorum meorum. Quoniam iniquitates meae supergressas sunt caput meum; et sicut onus grave gravatas sunt super me... In te Domine, speravi: tu exaudies me. Domine Deus meus. Quoniam iniquilatem meam annuntiabo ; et cogitabo pro peccato meo. (Ps., xxxvu).

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