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A'am velus verhiim hoc quidem esl

Communia esse amicorum inler se omnia.

(Terent., in Adelph.).

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ches fatiguées, lorsqu'il voit se dresser autour de lui des rejetons pleins d'espérance ; et qu'en tombant sous les derniers coups du bûcheron il s'écrie : (<.A^on omnis moriar : je ne mourrai pas tout entier ». Le père et la mère de famille demanderont donc à Dieu des enfants, mais ils seront les enfants de Dieu plus que les enfants des hommes. Si, tout en restant fidèles à ceux qui les ont engendrés, ils devaient trahir un jour, et une seule fois, leur Père céleste, mieux vaudrait pour eux qu'ils ne connussent jamais la vie, mieux vaudrait que la mort vînt les surprendre dans leur innocence, et les arrachât sans pitié à ceux qui voudraient les retenir encore dans leurs embrassements.

Enfin, entendons-le bien, nous pourrons demander à Dieu les biens temporels, nous n'avons jamais dit le contraire ; mais nous leur préférerons les biens spirituels : Tintelligencedu vrai, la science de la vie, le goût des choses divines, l'amour de la justice, les conseils de la sagesse éternelle, la générosité dans le service de Dieu, la patience dans l'adversité, les douceurs de la piété, l'horreur du péché, le pardon de nos fautes, la paix de la conscience, la joie de la grâce ; mais, en demandant les biens temporels, nous soumettrons notre volonté à la volonté divine;

nous subordonnerons nos désirs et les bienfaits du ciel au bien suprême et éternel : In ordine ad salalem. Dieu le veut ainsi, et, iavec Dieu, tous les théologiens ont décidé que la prière doit avoir pour objet des choses qui appartiennent au salut : Ut fiai de perlinenlibus ad salutem.

Maintenant une dernière question.

Suffit-il de demander pour nous ?

Une prière égoïste répond-elle dians une juste mesure à notre devoir ?

Non. Dieu qui donne avec une générosité infinie veut que notre cœur se dilate et que, sans nous oublier nous-mêmes, nous ayons l'œil ouvert sur les misères de nos frères. Ainsi s'accomplit l'union mystérieuse de deux actions qui semblent se contredire : Demander et donner. Nous demandons à Dieu, et, en même temps, nous faisons à nos semblables l'aumône dun cœur attendri, qui passe par notre bouche, et devient d'autant plus fort pour obtenir, qu'il paraît s'oublier davantage '.

1. Illud debenius orando pelere rjiiod debenius desidcrare. Desiderarc aulem debenius bona noti soliim nobis, sed eliani aliis ; hoc enini perlinel ad ralionem dileclionis quani proxiniis debemus impendere... El ideo charilas hoc rc(iuiril ul pro uliis oremus. Unde Chrijsostomus {vel alius ùiiclor) dicil super Mallh. hom. 14 in op. imper f. parum a princ. Pro se orare nécessitas cogit: pro allero aulem charilas fraternilatis hOTtalur. Dulcior autem anle Dcuni esl oratio, non quain

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Nous pouvons donc demander à Dieu qu'il console les affligés, qu'il guérisse les malades, qu'il assiste les faibles, qu'il secoure les pauvres, qu'il délivre les opprimés, qu'il conduise les pèlerins et les voyageurs, qu'il ramène les exilés vers les terres sacrées de la patrie.

Mais pour les autres comme pournous, ce sont les grâces du salut que nous devrons demander de préférence.

Grâces de salut pour ceux qui nous ont quittés, grâces de salut pour ceux qui nous restent, grâces de salut pour les lutteurs obscurs de la vie chrétienne, grâces de salut pour les athlètes publics, grâces de salut pour ceux qui marchent dans les voies ignorées de la soumission et de la dépendance, grâces de salut pour ceux qui tiennent en main les destinées de Thumanité.

Grâces de salut pour le Pape, chef visible de l'Eglise et pasteur universel du troupeau de Jésus-Christ ! A lui cette foi sans défaillance qui confirme les esprits chancelants, à lui ce cœur immense qui porte la sollicitude du monde chrétien, à lui l'éternel affermissement de son autorité sainte, à lui des jours sereins et des nuits sans épouvante !

nécessitas transmiUit, sed quam charitas fraternitatis comxaendat (Summ. Theol., II* II" P., qusest. Lxxxin, a. 7).

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Grâces de salut pour les évêques ! Qu'ils aiment (l'un amour infatigable l'Eglise qu'ils ont épousée, que leurs forces soient inépuisables comme leur dévouement, qu'ils sachent défendre jusqu'au sang, s'il le faut, l'indépendance de leur mission et la dignité de leur caractère. Qu'en tous lieux ils soient entourés d'une couronne de chrétiens fidèles aux saintes lois de l'amour filial, que sous leurs mains fécondes naissent partout des soldats prêts à affronter avec courage et persévérance les terribles combats de la vie chrétienne, partout de pieux ministres des autels.

Grâces de salut pour les prêtres 1 Qu'ils dépensent généreusement leur vie dans ces dévouements obscurs que le monde ignore souvent, et que Dieu bénit toujours. Qu'ils n'approchent du saint des saints qu'avec un cœur pur et des mains sans tache. Qu'ils préparent aux siècles futurs une postérité sacrée, vivant de la grâce de Dieu, et digne de porter le nom auguste d'enfants du Christ.

Grâces de salut pour les apôtres ! Donnezleur, ô mon Dieu, le courage de quitter sans regrets le toit hospitalier qui protégea leurs jeunes années, et de baiser une dernière fois, sans défaillir, le front des vieux parents qu'ils abandonnent pour épouser votre vérité sainte.

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Faités-leur un cœur large comme le monde, et immobile comme le roc, dans les tempêtes de la persécution. Qu'ils soient audacieux et libres comme le glaive mystérieux dont vous vous servez pour entrer jusqu'aux intimes divisions de Fàme humaine. Que leur voix ferme et éclatante comme le bruit des trompettes sacrées, sache dire aux abominations du sanctuaire et aux désordres de la place publique : Cela n'est pas permis : A' on licet ! Aux crimes ténébreux du foyer domestique et aux iniquités sociales : I\on licet ! Aux maximes, aux mœurs du monde, à cette dévotion pharisaïque qui ne vit que d'accommodements sacrilèges entre le ciel et l'enfer : Non licet ! A l'orgueil et à l'ambition des grands, à la haine et à la convoitise des petits : N^on licet .'A l'incrédulité, au blasphème, à l'impureté, aux spéculations déloyales, aux rapines, aux désirs pervers, à tout ce qui vous déplaît et vous blesse, ô mon Dieu : Non licet ! Qu'ils parlent sans terreur, qu'ils maudissent sans partialité, qu'ils soient étouffés par la vengeance des passions humaines, plutôt que de se taire.

Grâces de salut pour les maîtres des nations I Qu'ils éteignent en eux toute soif immodérée du pouvoir, qu'ils corrigent la licence et caressent les saintes libertés des peuples, qu'ils sachent

que la vie des grands pèse plus que toutes les législations du monde sur la moralité publique ; qu'ils se rappellent que le paganisme de lautorité et de la gloire a été noyé dans le sang répandu sur le Calvaire, et qu'un chrétien n'est appelé aux honneurs du commandement, que pour protéger l'héritage de Jésus-Christ, et s'immoler comme un prêtre au salut de son peuple •.

Grâces de salut pour les pécheurs ! Ombres errantes de la nature, rois découronnés de la grâce, sans Dieu et sans patrie future, ils marchent avec nous, ils s'abritent sous notre toit, ils mangent notre pain de chaque jour, ils partagent nos travaux et nos joies, ils demeurent à nos côtés, ils sont nos amis et nos parents, notre cœur et notre sang. Est-ce que nous pouvons vivre à l'aise auprès d'eux, si nous ne les avons pas sauvés ?

Enfin, grâces de salut pour tous! Accomplissons cette parole de l'apôtre : « Orate pro invicem ni salvemini - : Priez les uns pour les autres, alin que vous soyez sauvés » ; afin que tous ensemble, après les tristesses de l'exil et les douleurs

1. Obsecro igilur prirnum omnium ficri obsecraliones, orationes, poslulationcs, yraliarum actiones, pro omnibus hominibus, pro regibus el omnibus qui in sublimilale sunl. (I Tim., cap. ir, 1, 2).

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