I. Re(j., cap. XVI
de trop sans lui, et quand la douleur nous visite, trop faibles que nous sommes pour en porter seuls le fardeau, nous allons appuyer notre tête fatiguée sur le sein d'un ami, et recueillir sa parole, qui tombe comme une rosée sur les champs dévastés de notre ôme ^
Nous demanderons donc à Dieu des amis ; mais pourvu qu'ils soient fidèlesà leur conscience et à notre honneur, pourvu qu'ils ne deviennent pas les vils flatteurs de nos passions et les lâches exploiteurs de nos mauvais instincts ; pourvu que leur commerce trop exclusif ne nous fasse pas oublier les lois de la charité ; pourvu que Dieu ne nous poursuive pas de cette sainte et sévère jalousie qui dépouille les âmes choisies de tout amour terrestre, et les réserve au chaste et sublime hyménée de l'amour divin.
Le père et la mère de famille peuvent demander à Dieu des enfants. C'est la bénédiction du foyer domestique ; c'est la couronne des parents ; c'est la dernière joie terrestre d'une vie qui s'éteint ; c'est, d'un sang jadis immortel, la seule immortalité qui nous reste. Il semble qu'un vieil arbre laisse mourir plus en paix ses bran-