‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 102 sur 221 · ES PONT · texte numérisé non relu

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P formation et il peut sembler naturel ne une expression désormais claire, encore qu’invraisemblable sous la plume de l’Apôtre:. Il est vrai que c’est aussi une question de savoir à quelle date il convient de placer la composition de notre écrit.

Beaucoup de critiques voient dans la Z Petri une lettre de consolation (ein Trostbrief) et d’encouragement ; ils remarquent qu’aucun livre de Nouveau Testament, mis à part l’Apocalypse, ne reflète avec plus de netteté un état de crise grave et ils concluent que l’épître a été écrite durant une période de persécution?; ils inclinent, en général, à penser qu’il s’agit de celle de Néron, en 64. D'aucuns voient même dans un mot de notre texte une allusion très précise aux scènes affreuses qui, au témoignage de Tacite, se déroulèrent alors dans les jardins du Vatican; on lit, en effet, en IV, 12 : « Mes bien-aimés, ne vous croyez pas étrangers dans la fournaise où vous êtes éprouvés » (Mà Éevilefe +5 dv duty ruowoat); n'est-ce pas une allusion aux torches vivantes de Néron? On l’a soutenu et on le soutient encore*. Mais je ne vois vraiment pas comment l’auteur pourrait recommander à ses lecteurs d’Asie de ne pas s'étonner de se

1. B. Weiss, partisan de l'authenticité, mais, nous le savons, dans des conditions assez particulières, à parfaitement vu la force de l'explication que nous acceptons ici (Der erste Petrusb., p. 45).

2. Lightfoot, S. Peter, p. 498; B. Weiss, Der erste Petrusb., p. 6; les passages visés sont surtout : I, 6, 7; II, 12; LMI, 14, 16, 17; ENVPABAISSUIV, AE 16:0V; 650,29.

3. Allard, Le christian. et l'Empire romain, p. 17ets.; Hist. des pers. 1°, p. 67 et ss., M. Monnier lui-même (La prem. lettre, p. 160) est très frappé par ce mot rupuoux.

voir plongés dans une fournaise, qui n’a flambé qu'à Rome. Outre qu'il n’existe réellement aucune trace historique de la persécution de Néron hors de la capitale, rien du tout n’autorise à supposer que le supplice imaginé par le tyran ait été reproduit dans les provinces. Pour ma part, je serais disposé à voir dans cette fournaïse, une simple figure que lhistoire des trois jeunes Hébreux (Dan. IIE, 19 et ss.), si familière aux chrétiens (les fresques des catacombes en font foi), rendait frappante et naturelle. L’ensemble de la lettre reflète un état troublé et pénible pour les fidèles, cela est évident; mais il n’est pas exact qu'il suppose de véritables procès de christianisme et des condamnations prononcées contre les frères par les autorités publiques, parce que la recommandation pressante de garder le loyalisme à l'égard des puissances, implique la tentation justifiée d’y manquer; Rom. XIII, 1, n’est pas moins ferme sur le même sujet et on n’en tire pas la même conclusion!. C’est pourquoi il semble que l'opinion qui voit dans notre texte un reflet de la persécution de Domitien ne soit pas plus soutenable?. Les mesures de ce prince contre les chrétiens demeurent pour nous très obscures; pas un document païen ne

4. B. Weiss. Der erste Petrusb., p. 9, contre Knopf, Nachapost. Zeitalter, p. 91.

2. Knopf, op. cit., p. 34 : Das die Verfolgungen etwas neues sind (4, 12) macht als Entstehungszeit des Briefes eben die Regierung Domitians wahrscheinlich und zwar wohl nicht erst die letste Iahre, sondern das 9 Iahrzehnt des I lahrhunderts, die Iahre 81-90.

nous en parle nettement, et l’on a pu nier sans invraisemblance qu'il en ait véritablement pris’. D’autre part, un chrétien, écrivant à des frères persécutés, oserait-il leur dire : « Et qui vous fera du mal si vous mettez votre zèle à faire Le bien ? » (III, 13) Quand il dit encore (HE, 14): « Si vous avez à souffrir pour la justice, vous êtes bienheureux, » il ne s’agit sans doute que d’un fait passé et aussi « d’un fait possible, qui pourra durer, se renouveler, mais qui n’est pas certain. Ceci exclut une persécution ou régulière ou trop violente®. » Je crois que si l’on veut saisir le sens véritable des passages de notre épître où il est question de tribulations pour les fidèles, il ne faut pas les considérer isolément et encore moins les rapprocher en quelque sorte à priori d'épisodes aussi mal connus que la persécution de Néron, ou celle de Domitien; sionles compare, en revanche, aux récits contenus dans les Actes sur les « afflictions » que rencontre Paul dans les synagogues helléniques*, si on se souvient de quelques phrases semées par l’Apôtre dans sa correspondance’, on comprendra que certains critiques aient pu penser que la Z Petri faisait tout simplement allusion aux souffrances que les Juifs infligeaient, selon leur pouvoir, aux « hérétiques »

4. B. Weiss, Der erste Petrusb., p. 7, qui cite l'autorité de H. Schiller, Gesch. d. râmisch, Kaiserzeit, Gotha, 1883, I, 2, p. 578. Cf. Neumann, Der rômische Staat und die allgemeine Kirche, Leipzig, 1890, p. 7.

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