J. Monnier, La prem. lettre, p
3. Par exemple, Actes XIII, 50; XIV, 5; XIV, 19; XVI, 2 et ss.;
XVII, 14; XIX, 23 ét ss. ; etc.
4. I Cor. IV, 11; II Cor. 1,8; Col. I, 24; I Thes. IL, 15, etc.
chrétiens. Elle peut aussi songer à la mauvaise volonté agressive que les fidèles rencontrent parmi les gens du commun, à partir du moment où l’on cesse de les confondre avec les Juifs, qui, quelquefois, les jette dans de graves tribulations', qui les fait vivre, en tout cas, dans un état de perpétuelle insécurité. Ce n'est guère avant 70 que la distinction entre Juifs et chrétiens peut être couramment établie; c'est pourquoi il ne semble pas possible de faire remonter la composition de notre lettre plus haut que le temps de Domitien?. Il est également malaisé de la faire descendre plus bas, si l’on admet que l'auteur de l’épître, dite de Clément Romain, l’a connue et utilisée; mais comme les analogies que l’on relève dans les deux écrits ne sont pas très frappantes et peuvent s'expliquer sans qu'on suppose influence de l’une sur l’autre *, nombre d’exégètes pensent que la T Petri se place fort bien dans le milieu que nous laissent entrevoir la lettre de Pline sur les chrétiens de Bithynie et la réponse de Trajan, en 112‘; et c'est
1. Songer à la mort de Polycarpe de Smyrne sous Antonin (Mar-tyrium dans toutes les éditions des Pères apostoliques) et à l'affaire de Lyon sous Marc-Aurèle (Eus., HE., V, 1).
2. Ramsay, propose 70-80; von Soden, 92-96; Mac Giffert, 90: Harnack, unter Domitian, vielleicht aber schon 1-2 Jahrzehnte früher; Knopf, sous Domitien.
3. B. Weiss, Lightfoot, Zahn, sont très affirmatifs : 1 Clem. à utilisé Z Petri; Gebhardt et Harnack croient que c'est praisemblable; Holtzmann ne voit que des analogies très lointaines et qu’expliquent les habitudes, communes à tous les chrétiens du même temps, de penser et de parler; J. Monnier sent la force des remarques de Holtzmann, et conclut pourtant (p. 307) à l’utilisation
de la 1 Petri par Clément.
4. Je persiste, d’ailleurs, à faire des réserves sur l'intégrité de
vers cette date qu'ils reportent sa rédaction‘. Qu'on se prononce pour le temps de Domitien ou pour celui de Trajan, il est également impossible que Pierre ait écrit ou fait écrire la lettre?, mais il est très naturel que le faussaire, qui empruntait le nom de l’Apôtre, ait désigné Rome du nom de Babylone, évidemment accepté par les chrétiens à cette époque, et très clair pour eux.
Un homme écrivant à la fin du 1* ou au début du n° siècle pouvait savoir si oui ou non S. Pierre avait séjourné à Rome, mais il n’est pas encore prouvé que son êv BabvAy signifie Rome, du fait qu’il peut lavoir entendu dans ce sens. Rien ne s’oppose vraiment à ce que l’épître soit sortie de quelque communauté d'Asie Mineure*, car je répète que rien absolument ne nous force à croire que son véritable auteur l’ait composée &v BxévAüy.. Je ne puis, je l'avoue, m'incliner devant un argument que certains jugent décisif, pour prouver la rédaction
ces deux documents ; cf. Ch. Guignebert, Tertullien. Etude sur ses sentiments à l'égard de l'Empire et de la société civile, Paris, 1902, p. 76 et ss.
1. Pfleiderer, Urchirstentum*?, II, p. 509, dit dans les 20 premières années du n° siècle ; Holtzmann, Jülicher, Hilgenfeld sont du même avis.
2. Sans croire absolument à l’authenticité, J. Monnier penche pour placer la lettre en 64; plusieurs exégètes libéraux se rallient à cette date ou à une très voisine : Renan, par exemple; mais il acceptait volontiers l'authenticité; Ramsay, The Church andthe roman Empire before 170, p. 288, en plaçant la composition vers 70-80, prolonge jusque-là l'existence de Pierre. Sur les opinions diverses, cf. Holtzmann LENT3,, p. 318 et ss.
Knopf, Nachapostol. Zeitalter, p. 34, accepterait cette hypothèse.