Erbes, Die Todestage, p
pour ceux des Apôtres; if devait donc leur appliquer de confiance le mot de Caïus. C’est encore le raisonnement que font aujourd’hui ceux qui acceptent son interpellation : Caïus place les frophées des Apôtres là où la tradition ancienne (c’est-à-dire celle du 1vtsiècle')montre leurs tombeaux,donc les trophées sont les tombeaux. Ce qu’on ne saurait pourtant contester, c’est que, dans l’usage ordinaire, le mot trophée ne désigne pas un sépulcre, mais bien un signe de victoire. Varron le définit ainsi : fuga hoslium graece vocatur room ; hinc spolia capta fiæa in stipilibus appelantur tropaea, c’est-à-dire : « La fuite des ennemis s'appelle en grec tropé; d’où, des dépouilles prises dans le combat et fixées sur des pieux, se nomment frophées. » L'idée de combattant, de vainqueur, qui s'attache au martyr, durant l’âge des persécutions, rend naturel l'emploi de ce terme militaire quand il s’agit de rappeler son triomphe sur le démon; mais, de toute évidence, le soldat du Christ remporte la victoire sur le lieu de sa mort, non sur Celui de sa sépulture. A s’en tenir à ce sens, qu'on peut dire classique?, Caïus entendait rappeler à Proclus, qu'on montrait au Vatican et sur la voie d’Ostie aux lieux où la tradition, déjà établie au début du im° siècle, fixait l'exécution de Pierre et de
1. Rinieri, S. Pietro, p. 310, qui fortifie Caïus de l'appui de S. Jérôme et des hagiographes.
2. Songer aussi au surnom ordinaire de S. Georges chez les hagiographes grecs, qui est vpoxauopépos : Delchaye, Les légendes grecques des saints militaires, Paris, 1909, in-8°, p. 3.
Paul, quelqu'objet qui était censé rappeler l’héroïsme des deux martyrs; peut-être le fameux térébinthe du Vatican et le pin de la route d’Ostie!. Tous deux existaient encore au 1vesiècle et même plus tard, mais on sait que les arbres sacrés ne meurent jamais. Ce pouvait être aussi,et mieux, l’obélisque du cirque de Néron, au pied duquel la légende place la croix de saint Pierre. Cette interprétation du mot trophée est favorisée par un passage de Prudence, qui fait mourir les deux Apôtres, à un an d'intervalle, dans un marais sur le bord du Tibre : « Le marais du Tibre le sait bien, lui qui baigne le fleuve tout proche, gazon consacré par un double trophée (Binis dicatum caespitem tropaeis), témoin de la croix et du glaive, qui, par deux fois, ont fait couler une pluie de sang arrosant les mêmes herbes.? » Il est clair qu'ici érophée ne veut pas dire fombeau, mais désigne le signe de victoire, d’ailleurs vague, qui a illustré le marais du Tibre.
Le meilleur argument que l’on puissé produire pour appuyer l'interprétation traditionnelle des frophées de Caïus, est le suivant (Chase) : Le àyù dé (mais moi) de Caïus semble s'opposer à quelque prétention de son adversaire Proclus, qui cherchait peut-être à