Duchesne, HA. I, p
2. Bernhard Weiss est le plus notable, mais, comme il n’admet pas que l’épitre ait été composée à Rome, son autorité n'apporte aucun appui à la thèse traditionnelle ; Hoennicke, Judenchristentum, p. 114, croit que l'authenticité « est encore le plus vraisemblable, » mais il ne donne pas ses raisons.
3. Il semble que parmi ceux-là il faille aujourd'hui ranger M. Harnack, qui écrit ap. Mission?, I, p. 54, n. 1, que la I Petri reste une énigme (ein Rätzel); il ajoute, il est vrai, qu’elle n'offre guère moins de difficultés si on accepte son authenticité que si on la rejette.
4. Il existe une abondante littérature sur la I Petri; on trouvera
l'indication des principaux travaux à la fin de l’article de GC. Cone, Peter (The Epistles of), ap. Enc. bibl., II, ou de celui de Chase
La Z Petri se donne assurément comme l’œuvre de « Pierre, Apôtre de Jésus Christ » (I, 2), mais ce n’est pas là une garantie très solide, étant donné la facilité et la tranquille assurance avec lesquelles, aux premiers siècles de l’Église, les auteurs des pseudépigraphes les plus évidents, empruntaient le nom d’un Apôtre ou d'un personnage renommé. La IT Petri s’attribue elle aussi, à « Simon Pierre, serviteur et Apôtre de Jésus Christ » et elle est encore bien plus difficile à défendre que la première ‘. Celle-ci s'adresse «aux élus étrangers dispersés? dans le Pont,
ap. Dict. de Hastings t. If, p. 779et ss. Consulter particulièrement: Harnack, Chron., I, p. 451 et ss.; Zahn, Æinl., IL, p.1 et ss.: Holtzmann, LENT.*, p. 309 et ss. ; Jülicher, ENT.!, p.159 et ss.; O. Pfleidcrer, Urchristentum?, IT, p. 503 et ss.; Von Soden, ECL., p. 272 et ss.: B. Weiss, Der erste Petrusbrief und die neuere Kritik, Berlin, 1906, in-8; Jacquier, Hist. des livres du N. T., II, p. 231 et ss., donnele point de vue actuel des catholiques instruits ; voir aussi Fillion, Pierre (Première épitre de), ap. Dict. de la Bible de Vigouroux. Parmi les commentaires : Von Soden, Briefe des Petrus, ap. HDC. de Holtzmann, IL, 2; J. Monnier, La première lettre de l'apôtre Pierre, Mäcon, 4900, in-8; Ch. Bigg, Critical and exegetical Commentary of the Epistles of St Peter and St Jude, Edimbourg, 1901, in-8 (Collect. The international critical Commentary).
4. Les critiques catholiques ne l’abandonnent pas (cf. Jacquier, Hist. des livres du N. T., I, p. 293), et l’un d'eux a mème récemment entrepris, en sa faveur, un plaidoyer intéressant (cf. Dillesenger, L'authenticité de la II° Petri, ap. Mélanges de la Faculté orientale. Université de Beyrouth, t. Il, Paris, Londres, Leipsig, 4907) : elle serait la traduction d'une lettre de l’Apôtre, écrite de Rome, dans le même temps que la I Petri, c’est-à-dire vers 65. Tout ce qu'on peut accorder à M. Dillesenger, à la grande rigueur, c'est que les deux épîtres sont du même auteur. Contre sa thèse, cf. surtout Jülicher, ENT.', p.182 et ss.
2. I, 4 : éxheutoïce noperiô/uots duxomopas. Ces mots ne sont d’ailleurs pas très clairs et ont donné lieu à de nombreuses discussions (ef. Monnier, La première lettre, p. 19 ets.) ; on peut évidemment
la Galatie, la Cappadoce, l’Asie et la Bithynie. » Mais les communautés répandues dans ces pays-là ne sont-elles pas pauliniennes? Rien ne nous autorise à penser que des églises judéo-chrétiennes s’y soient constituées, à côté de celles que l’Apôtre des Gentils y avait fondées. Si, malgré tout, nous tenions à supposer qu’elles existent, il nous faudrait renoncer à rien savoir de leurs origines et de leur vie. D'ailleurs, le texte même de la lettre ne permet guère de douter qu’elle s’adresse à des convertis de la gentilité’. On lit par exemple en I, 14 : « Comme des enfants de l’obéissance, ne vous conformant pas aux premiers désirs (que vous aviez au temps) de votre ignorance (èv rh ayvoia duwy érifuuia) »; en I, 18 : « Sachant que vous avez été rachetés de la vaine façon de vivre à vous transmise par vos pères »; en II, 9: « Vous race élue... peuple acquis (yévos éxsxzoy... ads ets meptmoinsty) afin d'annoncer les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa lumière admirable » ;
les entendre : « les élus étrangers de la diaspora, » et songer à des prosélytes juifs ; avec la traduction que nous adoptons, ils désignent des convertis au christianisme étrangers au judaïsme, c'est-à-dire venus de la gentilité.
1. C’est l'opinion la plus commune ; il est au reste facile d'admettre que les communautés en cause, comptent dans leur sein de vrais Juifs et soient surtout composées de prosélytes convertis ; c’élaient, eux aussi, d'anciens païens et nous savons que Paul faisait dans leurs rangs le meilleur de ses conquêtes. B. Weiss n’a pas renoncé à son hypothèse (La lettre date du commencement de la prédication de Pierre; elle est antérieure à toutes les épitres de Paul; elle s'adresse à des Juifs gagnés à la foi par la prédication des Apôtres à Jérusalem (Actes II, 9 et 10); il la soutient avec beaucoup d’érudition et d'adresse (Der erste Petrusb., notamment p. 16; #4, etc.), mais sans grand succès.
en IV, 3: « C'est assez que, dans le temps passé, nous nous soyons abandonnés à la volonté des païens (rd BouAnua roy éfyGy) en vivant dans l’impudicité, les mauvais désirs, l'ivrognerie, les excès de manger et de boire et les idolâtries coupables (àfleméirou eidwAokatpsiaic). » On ne comprendrait guère que de telles phrases soient parties de la plume de Pierre à l'adresse de convertis de la circoncision. D’autre part, l’Apôtre parle à ses lecteurs sans que rien permette de croire qu’il les connaît personnellement, encore moins qu’il leur a prêché lui-même la foi‘. ILy a donc lieu de penser que l’épître s’adresse à des convertis de Paul. N'est-ce pas surprenant? En soi, je ne le crois pas ; sans faire le moins du monde appel au prétendu pouvoir de juridiction de Pierre, l'intérêt général qu’il doit porter à tous les groupements chrétiens peut suffire à expliquer sa circulaire; gardons-nous d’exagérer la portée de son différend avec Paul; mais comment s’expliquer que, s'adressant à des communautés pauliniennes, il ne nomme même pas leur Apôtre? Pareil oubli ne devient-il pas tout à fait invraisemblable, si l’on songe que Paul doit séjourner à Rome, d’où Pierre est censé avoir envoyé sa lettre, au moment même où elle est rédigée? On n’a pu qu’atténuer la difficulté à coup d’hypothèses, qui reviennent à ceci : l’épître est une encyclique — n’a-t-on pas dit la première bulle? — son caractère explique qu’on n’y rencontre aucune personnalité et,