‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 90 sur 221 · Jos., Ant. jud., XVIII · texte numérisé non relu

Jos., Ant. jud., XVIII

5. Je n'ai pas cru devoir tenir compte du texte parfois invoqué de Hieron : In Isaïam, V, 13, où ilest dit que le roi de Perse va chasser dans les ruines de Babylone, qui ne sont plus habitées que par toutes sortes de bêtes sauvages; je pense qu'il y aurait peut-être aussi quelques réserves à faire sur lui, mais sa date lui ôte, en l'espèce, toute autorité.

nombre de Juifs suffisant pour que l’Apôtrepüt croire de son devoir de leur porter la vérité. Il n’est donc pas 2 priori invraisemblable que lauteur de la lettre ait prétendu l’envoyer de Babylone, ou de Babylonie; c’est une opinion qui garde des partisans convaincus'. Il est exact que rien, en dehors de traditions syriaques de basse époque, et probablement inspirées par notre texte lui-même’, ne confirme une mission de Pierre en Babylonie; il est exact aussi que s’il a existé dans cette région des églises judéo-chrétiennes, il ne nous en reste aucun souvenir et que le Talmud de Babylone ne nous laisse entrevoir le christianisme, dans les centres où il s'élabore, qu'au mn siècle’. Ce sont là des arguments considérables, mais non pas décisifs. Pierre peut n’avoir pas obtenu beaucoup de succès dans les pays de l'Euphrate; les petites communautés qu’il y fonde, privées du vivifiant contact des églises hellénistiques, sont peut-être absorbées par les juiveries que viennent fortifier,et rendre tout à fait hostiles au christianisme, de nombreux Palestiniens échappés au désastre de 70 ; en ce cas, l'œuvre

4. Par exemple B. Weiss, qui s'efforce d'établir que Fhypothése d’une mission de Pierre dans la diaspora babylonienne, peut s’'accorder avec ce que les écrits du Nouveau Testament nous permettent d’entrevoir de son activité : cf. Der erste Petrusb., p. &5.

2. Zabhn, Einl., II, 20et ss. ; J. Monnier,op. cit.,p. 332. La légende courante attribue à Thaddée l'évapgélisation de la Perse et 2 Thomas celle de la Parthie. Rinieri, S. Pietro, p. 211, relève diverses interprétations syriaques de notre 51 Bafy&n par « à Rome ; » mais comme elles ne sont pas trés anciennes, elles ne prouvent rien quant au fond de l'affaire.

3. Hoennicke, Judenchristentum, p. 82: J. Monnier, La prem. lettre. p. 331.

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del'Apôtre n'aurait pu être qu’éphémère et nous n’aurions pas à nous étonner de n’en retrouver aucune trace. Dire qu'il n’est pas vraisemblable qu'une communauté apostolique ait existé à Babylone’ ne suffit pas à en rendre l’existence impossible. Il n’y a vraiment guère à se préoccuper d’un argument que l’on rencontre, à savoir que le paulinisme de la 7 Petri rend peu vraisemblable sa composition à Babylone, où il y a très peu de chances que les idées de Paul aient pénétré de bonne heure? ; cette raison n'aurait du poids que si on admettait l'authenticité de l’épître ; puisque nous l'avons rejetée, rien ne nous oblige à croire que son véritable auteur l’ait composée à Babylone. Il peut parfaitement l'avoir écrite ailleurs et même à Rome, et n'avoir cherché, dans la mention de Babylone, qu'un moyen d'augmenter la confiance des lecteurs, qui pouvaient savoir, comme notre faussaire lui-même, que Pierre avait évangélisé la Babylonie. L'erreur commune à beaucoup de critiques est de considérer comme nécessaire que le rédacteur de la lettre l'ait écrite àv BafvAw»., quel que soit le sens que l’on prête à cette expression.

En général, les exégètes n’accordent pas grande attention à Babylone d'Égypte, à laquelle pourtant l’auteur de la 7 Petri pourrait bien avoir songé et qu’une tradition copte ancienne désigne en effet comme le lieu de composition de l’épitre*. Cette

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