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montrent que, si Gélestius s'était trompé, au moins il n'y avait pas malice, ni hérésie formelle ? Zozime demeure hésitant; ila peine à croire que cet homme ne soit pas catholique, lorsqu'il l'entend reconnaitre la nécessité de la grâce et l'autorité suprème de l'Eglise. Si là pensée de Célestius eût été réellement conforme à ses paroles, le Pape avait grandement raison de le proclamer catholique. Maïs, dites-moi, qu'y a-t-il de commun entre une erreur concernant un fait intérieur, et l’infaiilibilité des Papes ? Estce que par hasard les Papes ne seront pas infaillibles, parce qu'ils ne peuvent scruter les secrets du cœur humain? Evidemment c’est se faire une idée bien étrange et bien fausse de l’infaillibilité, D'ailleurs, la bienveiilance de Zozime pour l'hérésiarque avait pour but, comme dit saint Augustin, de le ramener à la vérité par les moyens de douceur; il agit envers ce caractère irascible, comme se conduit un médecin charitable à l'égard d’un malade atteint de frénésie ; il cherche avant tout àle calmer.(1)
Bien différente eût élé l'erreur du Pontife, si, comme l’affirmait Célestius dans son écrit, il avait déclaré que le péché de notre premier père ne se transmet pas à ses descendants. Son enseignement aurait été hérétique. Mais je ne crains pas de nier formellement que Zozime ait proféré pareille doctrine ; impossible d'en produire la moindre preuve. C’est ce qui faisait dire hardiment à saint
(1) S. Aug, De peccato orig. c. 6.
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Augustin : (1) « Quelle est donc l'épître, quel est le discours où le Pape Zozime, de vénérable mémoire, déclare que l’homme, en naissant, n'est pas souillé du péché originel? Jamais ce Pontite n'a dit cela, nulle part il ne l’a écrit.»
Nôdn-seulement il n'y a ancun document qui puisse militer contre l'orthodoxie du Pape Zozime, mais il y en a, au contraire, qui rendent un éclatant témoignage en sa faveur. Le premier, c’est. qu'il voulut que Célestius approuvât la doctrine catholique, exposée par Innocent [, dans sa lettre aux évêques d'Afrique, et qu'il réprouvât les erreurs que lui avait reprochées le diacre Paulin, au sujet du péché originel, de la grâce, etc. A quoi Célestius répondit qu'il approuvait l'enseignement d'Innocent I, etqu’il répudiait tout ce que condamnait le Saint- Siége. On voit de suite que Zozime professait Ja même doctrine que son prédécesseur, la doctrine catholique, et qu’il était loin d'admettre Le sens naturel et hétérodoxe de certaines propositions contenues dans la profession de foi de l’hérésiarque. Si donc il ne voulut pas agir sévèrement envers Célestius, c’est parce qu'il pensa qu'il rejetait de son symbole de foi tout ce qui pouvait contredire la doctrine d'fnnocent I et de l'Eglise universelle : en quoi il n'ya rien qui blesse tant soit peu l’orthodoxie du Pape.
Le second document est le décret que Zozime, une fois informé des fourberies de Pélage et de Célestius, adressa à tous les évêques du monde catholique,
(1) $, Aug. ad Bonifac, L IL, c. 3.