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qu’il était bien possible qu'il eût été injustement condamné. Pour enlever tout doute à ce sujet, il veut instruire ce procès une seconde fois, et en conséquence il demande, dans une première lettre aux évêques d'Afrique, de produire, dans l’espace de deux mois, leurs preuves contre Pélage et Célestius, et de démontrer les fourberies de ce dernier, s’ils le peuvent. Lans une seconde lettre, Zozime rappelle bien clairement à ces prélats qu’il a ajourné toute décision définitive. Voici ses paroles : «En conséquence Votre Fraternité saura que, depuis la réception de vos lettres, nous n’avons rien changé, mais nous avons laissé les cheses dans le même état où elles étaient quand nous vous en écrivimes, en sorte que la demande que vous nous avez faite se trouve accomplie.» Ces seules paroles suffisent pour faire voir que le Pape Zozime n’a donné alors aucune définition, et que l’objection qu'on en tire contre l'infaillibilité pontificale, est futile et n’a aucun fondement solide.
Mais, dit-on, ce Pape n’a-t-il pas montré une grande bienveiliance envers Célestius, qui était véritablement hérétique ? N’était.il pas dans l'erreur ?
J’accorde que Zozime a pu se tromper sur les sentiments intérieurs de Célestius ; celui-ci déclare qu'il adopte la doctrine énoncée dans la lettre d’'Innocerit I, qu'il se soumet au jugement du Saint-Siége, que, s’il a commis quelque erreur, il est prêt à la rétracter d’après la sentence du Pape. Ne sont-ce pas là des sentiments toutà-fait orthodoxes, et qui dé-