DE JEAN XXI. B
question de savoir si les âmes saintes, ou purifiées dans le purgatoire, jouissent de la vision intuitive de Dieu, même avant le jugement dernier. Quelques docteurs soutenaient la négative, mais le plus grand nombre étaient pour l’affirmative. Dans un sermon prêché à Avignon, le jour de la Toussaint de l’an 1331, le Pape sembla enseigner que la vision de l'essence divine n’a lieu qu'après la résurrection générale, (1)
A cela, je réponds qu'il sera toujours absolument impossible à nos adversaires de démontrer que Jean XXII ait donné une définition quelconque sur ce sujet, ou qu'il ait soutenu cette doctrine comme une vérité incontestable. Ce Pape était passionné pour les discussions théologiques, et il lui arriva, un jour, d'exposer en présence des cardinaux et des évèques rassemblés dans son palais, les arguments qui militent en faveur de chaque opinion ; quelques-uns crurent découvrir dans ses paroles une prédilection pour le sentiment de ceux qui prétendaient que la vision béatifique n'a pas lieu aussitôt après la mort. Le générel des Frères Mineurs, ayant soutenu ce sentiment en public à Paris, il en résulta une excitation extraordinaire.
Le Pape crut devoir écarter les soupçons, qui -planaient sur lui, en écrivant au roi de France {18 novembre, 1333). Dans sa lettre, il protestait n’avoir rien défini, ni affirmé sur ce sujet, et représentait qu'il n'avait faitque produire, en faveur des deux
(t) Aaynald., ad an, 1335, n. 8.