‹ La primo-infection tuberculeuse de la conjonctiveChapitre 12 sur 23 · PU, : | LUE · texte numérisé non relu

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bacilles par voie sanguine. >» Malheureusement, ce n’est là quhypothèse et les travaux récents d’Ameuille et son école ont attribué une grande fréquence aux réinfections exogènes, ce qui enlève toute valeur actuelle à cette supposition.

Au total, quel est le pronostic de la primo-inoculation tuberculeuse de la conjonctive ? Les idées ont là-dessus changé du tout au tout.

Pendant de longues années, on a vécu sur la notion que l'affection était très grave. Cela est dû à ce que l’évolution de la maladie tuberculeuse étant encore très mal connue, on confondait sous le vocable de tuberculose primitive, des primo-infections authentiques et des lésions de réinfection, dont certaines évoluaient vers l’aggravation et la mort. D’autre part, on ne connaissait comme primo-infection extra-pulmonaire que les accidents de la circoncision rituelle dont le pronostic passait pour sévère. Wolf, en 1921, avait pu établir une statistique sur 58 nourrissons ainsi inoculés, dont 46 furent observés jusqu’à la fin de la première année. Au bout de douze mois, 27 étaient vivants, 19 morts, ce qui fait une mortalité de 41,3 %. 8 enfants furent suivis jusqu’à l’âge de six ans ; à ce moment, sur les 8, 5 étaient encore vivants, 3 étaients morts. On peut donc affirmer qu’approximativement, dans les circoncisions rituelles, on obtient 50 % de guérisons, 50 % de morts, en cas d’inoculation tuberculeuse. |

Cette statistique était certainement pour quelque chose dans le pessimisme qui s’attachait au pronostic de la primo-infection ; ce qui faisait dire à Rist et Chaïllous, en 1923 : « Le pronostic de la tuberculose primitive de la conjonctive est grave : 50 % des cas environ se terminent par généralisation granulique et méningée, souvent après destruction du globe ». Mais en 1935, dans leur rapport à l’Académie de Médecine Morax et Rist renversent les idées en cours et proclament la bénignité habituelle de l’inoculation conjonctivale. Ils apportent en effet sept observations où l’évolution s’est faite vers la guérison sans le moindre incident. Parmi celles-ci se trouve le cas, que Rist avait relaté avec Chaillous en 1923. Douze ans plus tard, la malade était en excellent état. Une autre observation concerne deux sœurs contaminées en même temps. L’une fait un chancre conjonctival, qui guérit sans difficulté. L'autre une lésion initiale pulmonaire, qui devient mortelle.

C’en était fait de la doctrine pessimiste et, dès lors, les observations se multiplient, qui démontrent l’inocuité du complexe oculo-prétragien. Aucun cas d’évolution mortelle n’a été signalé dans ces dernières années.

Ceci n’est pas d’ailleurs pour surprendre, si on considère les autres primo-infections. N’est-il pas avéré, que l’inoculation pulmonaire est dans la très grande majorité des cas sans aucune gravité, n’entraînant le plus souvent aucun trouble fonctionnel

ou général et re s’extériorisant que par le virage de la cuti-réaction ?

N’est-on pas arrivé à des conclusions semblables pour les primo-infections cutanées ? Depuis les discussions à la Société de Pédiatrie, il est admis que celles-ci n’ont pas de gravité particulière et que, sauf peut-être chez les nourrissons, les cas défavorables sont extrêmement rares.

Certes, il semble logique d’admettre que dans la période de dissémination, dans la deuxième phase de Ranke, une généralisation est toujours possible, quelque soit le siège de la primo-infection. (Manz, Motais, Cheney). Encore en cela la conjonctive est-elle peutêtre privilégiée, car comme le fait remarquer Bénalioua : « la perméabilité restreinte de la muqueuse oculaire aux bacilles de Koch, le drainage lacrymal font obstacle aux inoculations massives ».

Enfin, il est un élément majeur, qu’il faut faire intervenir dans le pronostic : la notion d’âge. Il est évident que le pronostic est bien différent, suivant qu’on a affaire à un nourrisson, un enfant au-dessus de 2 ans, un adolescent ou un adulte, et. pour conclure on peut dire avec Morax et Rist : « Le contraste est grand entre la bénignité relative de la primo-infection conjonctivale et la sévérité extrême de la primoinfection préputiale. C’est que celle-ci, liée étiologiquement à la circoncision rituelle, n’atteint que de très jeunes enfants, tandis que le chancre tuberculeux de la conjonctive ne se produit que chez des sujets plus âgés ».

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