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conjonctive ; dans le second, les résultats sont inconstants ; dans le troisième au contraire, l’entreprise est toujours couronnée de succès. Dans une deuxième série d'expériences, il a vainement essayé d’infecter le sac et la glande lacrymales. C’est sur ces résultats qu’il base sa théorie du pouvoir bactéricide des larmes, qui fut considérée comme un dogme pendant plusieurs années. Il faut, pense-t-il, une solution de continuité pour que le bacille de Koch puisse pénétrer dans la muqueuse et l’inoculer. Aussi, dans les conditions habituelles, sur une conjonctive saine, l’infection tuberculeuse par voie exogène n’est pas possible.
Cette thèse fut confirmée, en 1893, par Bach, qui obtint des résultats analogues. Dès lors, l’origine traumatique des tuberculoses primitives de la conjonctive devenait logiquement une nécessité. Déjà, avant Valude, s’appuyant sur la simple constatation clinique que les lésions conjonctivales siègent au lieu d'élection des corps étrangers, Fuchs avait incriminé les micro-traumatismes. En 1891, Swan Burnett invoque les phlyctènes conjonctivales comme porte d’entrée de l'infection bacillaire, et Ayraud, en 1900, dans sa thèse affirme, que toute tuberculose conjonctivale exogène est d’origine traumatique. L’hérésie gagnait de plus en plus de terrain. Cependant des faits discordants frappaient les cliniciens et venaient saper la théorie de Valude. Des observations indubitables de tuberculose du sac et de la glande lacrymales
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étaient publiées qui semblaient incompatibles avec le dogme du pouvoir bactéricide des larmes.
C’est pourquoi Gourfein en 1899 reprit exactement les expériences de Valude et réfuta les conclusions de cet auteur. En 1901, Bono et Prisco démontraient que le bacille de Koch peut traverser la muqueuse conjonctivale sans laisser de trace. Dès lors, l’infection expérimentale par la voie conjonctivale devenait fait acquis et en 1913, Calmette, Guérin et Grisez, à la suite d'importants travaux, concluaient ainsi : « Il suffit de laisser tomber sur le globe oculaire d’un cobaye, soit une parcelle de crachat tuberculeux riche en bacilles, soit une goutte d’émulsion de culture renfermant par exemple 0 milligramme 5 de bacilles virulents, pour voir évoluer chez cet animal, sans qu’il se produise la moindre lésion au niveau du globe oculaire, de ses enveloppes ou de leur voisinage immédiat, une tuberculose d’abord ganglionnaire, débutant par le ganglion rétro-mastoïdien, envahissant aussitôt les deux ganglions rétropharyngiens, les deux ganglions de la partie antérieure du cou, puis les trachéaux, les bronchiques et s’étendant en l’espace de 4 à 5 semaines à d’autres groupes viscéraux, aux ganglions du hile du foie, à ceux du mésentère, parfois aussi à des ganglions superficiels proches du lieu d'infection ou éloignés tels que les inguinaux, à la rate et presque constamment aux poumons.
H. Lagrange, dans sa thèse en 1923, fit des recherches semblables sur le lapin. Il se livra: à trois séries
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d'expériences : dans la première, sur 10 lapins, une simple instillation de bacilles provoqua 3 fois une inoculation mais sans lésion conjonctivale ; dans la deuxième, sur 10 lapins, Pinjection sous-conjonctivale entraîna cinq fois une tuberculose oculaire ; dans la troisième enfin, sur des lapins allergiques, l’injection sous-conjonctivale donna des réactions locales vives.
Blanc et Caminetros, en 1925, continuent l’étude de la conjonctivite tuberculeuse du lapin. Ils injectent des matières virulentes sous la conjonctive tarsienne, ce qui provoque huit à quinze jours après des tubercules locaux avec généralement adénite des ganglions sous-maxillaires.
En 1929, Brückner consacre un travail à l’étude de l'infection expérimentale par la voie conjonctivale. « Nous avons étudié histologiquement sur le lapin et le cobaye, la question de la perméabilité de la conjonctive oculaire aux bacilles tuberculeux et nous sommes arrivés à cette conclusion, que la conjonctive intacte est perméable aux bacilles ». Il opère sur dix lapins et trente-cinq cobayes, par instillation d’émulsion de bacilles de type bovin et détermine ainsi des phénomènes de conjonctivite chronique. « Cette conjonctive après l’infection ne reste pas intacte, mais devient malade, atteinte d’un catarrhe chronique modéré, séro-muqueux, au cours duquel les phagocytes pénètrent entre les cellules épithéliales, engloutissant les bacilles tuberculeux et les entraînant jusqu’au tissu conjonctif sous-jacent. Ce tissu s’infiltre de petites cellules et, plus tard, se développent dans
le cul-de-sac les foyers de tissu fongueux composés de cellules épithéliales et de cellules géantes. Après une période allant de quelques semaines à quelques mois, les altérations catarrhales disparaissent, la con-
. Jonctive devient transparente, pâlit et cesse de sécré-
ter, en même temps que l’infiltration inflammatoire disparaît par résorption et organisation. C’est exceptionnellement (sur 35 cobayes cela s’est produit deux fois), que se développe la forme granuleuse de la tuberculose conjonctivale sur toute la conjonctive du cobaye, quant à l'infection s’est ajoutée une infection simultanée à streptocoques. »
En 1932, Zingale compare les résultats de l’inoculation des différents types de bacilles tuberculeux et conclut que c’est le type humain qui donne les résultats positifs les plus constants, reproduisant les trois formes les plus connues de tuberculose de la conjonctive.
Ferrari en 1934 poursuit des recherches semblables. Tant chez les lapins que chez les cobayes, quelque soit le type de bacille utilisé, tant par instillation qu’en injection sous-conjonctivale, il apparaît au bout de 24 à 36 heures une légère hyperhémie de la conjonctive avec infiltration d’une durée de deux à trois jours. Quand se manifestent les altérations particulières provoquées par les divers types de bacilles, il s’est écoulé une période variant de quatre à vingt jours. Avec l’inoculation sous-conjonctivale de bacilles de culture, on obtient des résultats positifs (apparition de granulome) quelque soit le type de