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BADOURAH PRINCESSE DE CHINE
et le septième d’or massif. Il les a meublés d’une somptuosité inouïe, chacun d’une manière proportionnée à la matière dont ils sont bâtis. Il n’a pas oublié, dans les jardins qui les accompagnent, les parterres de gazon émaillés de fleurs, les bassins, les jets d’eau, les canaux, les cascades, les bosquets plantés d'arbres à perte de vue, où le soleil ne pénètre Jamais; le tout d’une ordonnance différente en chaque jardin.
“Sur la renommée de la beauté incomparable de la princesse, les rois voisins les plus puissants envoyèrent d’abord
la demander en mariage par des ambassades solennelles. Le roi de Chine les recut toutes avec le même accueil; mais comme 1l ne voulait marier la princessse que de son consentement, et que la princesse n’agréait aucun des partis qu’on Jui proposait, si les ambassadeurs se retiraient peu satisfaits quant au sujet de leur ambassade, ils partaient au moins très contents des civilités et des honneurs qu'ils avaient reçus.
‘€ Sire, disait la princesse au roi de Chine, vous voulez me marier, et vous croyez par là me faire un grand plaisir. J'en suis persuadée, et je vous en suis très obligée. Mais où pourrais-Je trouver ailleurs que près de Votre Majesté des palais si superbes et des jardins si délicieux ? J’ajoute que, sous votre bon plaisir, je ne suis contrainte en rien, et qu’on me rend les mêmes honneurs qu’à votre propre personne.
Ce sont des avantages que je ne trouverais en aucun autre
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CONTE DES MILLE ET UNE NUITS
endroit du monde, à quelque époux que je voulusse me donner ”.
Après plusieurs ambassades, il en arriva une de la part d’un roi plus riche et plus puissant que tous ceux qui s'étaient présentés. Le roi de Chine en parla à la princesse sa fille et lui exagéra combien il lui serait avantageux de l’accepter pour époux. La princesse le supplia de vouloir l'en dispenser et lui apporta les mêmes raisons qu'auparavant. Il la pressa; mais au lieu de se rendre, la princesse perdit le respect qu’elle devait au roi son père. ‘ Sire, lui dit-elle en colère, ne me parlez pas de ce mariage, ni d’aucun autre; sinon je m'enfoncerai le poignard dans le sein et me délivrerai de vos importunités ?.
‘“ Le roi de Chine, extrêmement indigné contre la princesse, lui repartit : Ma fille, vous êtes une folle, et je vous traiterai en folle ”. En effet, il la fit enfermer dans un seul appartement d’un de ses palais et ne lui donna, pour lui tenir compagnie et la servir, que dix vieilles femmes dont la principale était sa nourrice. Ensuite, afin que les rois voisins qui lui avaient envoyé des ambassades ne songeassent plus à elle, il leur dépêcha des envoyés pour leur annoncer l’éloignement où elle était pour le mariage; et, comme il ne douta pas qu’elle ne fût véritablement folle, il chargea les mêmes envoyés de faire savoir dans chaque cour que s’il y avait quelque médecin assez habile pour la guérir, il n’avait qu’à venir, et qu'il la lui donnerait pour femme en récompense.
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“ Belle Maimoune, poursuivit Danhasch, le choses sont en cet état, et Je ne manque pas d'aller régulièrement, chaque jour, contempler cette beauté incomparable, à qui je serais bien fâché d’avoir fait le moindre mal, nonosbtant ma malice naturelle, Venez la voir, je vous en conjure: elle en vaut la peine. Quand vous aurez connu par vous-même que je ne suis pas un menteur, je suis persuadé que vous m’aurez quelque obligation de vous avoir fait voir une princesse qui n’a pas d’égale en beauté. Je suis prêt à vous servir de guide, vous n’avez qu’à commander ”.
Au lieu de répondre à Danhasch, Maimoune fit de grands éclats de rire qui durèrent longtemps; et Danhasch, qui ne savait à quoi en attribuer la cause demeura dans un grand étonnement. Quand elle eut bien ri à plusieurs reprises :
‘ Bon ! bon ! lui dit-elle, tu veux m'en faire accroire. Je croyais que tu voulais me parler de quelque chose de surprenant et d’extraordinaire. Eh ! que dirais-tu donc, maudit, si tu avais vu comme moi le beau prince que je viens de voir en ce moment, et que J'aime autant qu'il le mérite? Vraiment c’est bien autre chose: tu en deviendrais fou.
— Agréable Maimoune, reprit Danhasch, oserais-je vous demander qui peut-être ce prince dont vous me parlez ? — Sache, lui dit Maimoune, qu’il lui est arrivé à peu près la même chose qu’à la princesse dont tu viens de m’entretenir. Le roi son père voulait le marier à toute force : après de longues et grandes importunités, il a déclaré franc et net