‹ La Princesse BadourahChapitre 2 sur 104 · TIM · texte numérisé non relu

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tous les jours de nouvelles marques, conçut le dessein de lui en donner la plus éclatante : de descendre du trône et de l’y établir lui-même. Il en parla à son grand vizir. Je crains, lui dit-il, que mon fils ne perde dans loisiveté de la jeunesse non seulement tous les avantages dont la nature l’a comblé, mais même ceux qu'il a acquis avec tant de succès par la bonne éducation que j'ai tâché de lui donner. Comme je suis désormais dans un âge à songer à la retraite, je suis presque résolu à lui abandonner le gouvernement et à passer le reste de mes jours avec la satisfaction de le voir régner. ”

Le grand vizir ne voulut pas représenter au sultan toutes les raisons qui auraient pu le dissuader d’exécuter sa résolution; il entra au contraire dans son sentiment. “ Sire, répondit-il, le prince est encore bien jeune, ce me semble, pour le charger de si bonne heure d’un fardeau aussi pesant que celui de gouverner un État puissant. Votre Majesté craint, avec beaucoup de raison, qu'il ne se corrompe dans l’oisiveté ; mais, pour y remédier, ne jugerait-elle pas plus à propos de le marier auparavant ? Le mariage attache, et empêche qu’un jeune prince ne se dissipe. Avec cela, Votre Majesté lui donnerait entrée dans ses conseils, où il apprendrait peu à peu à soutenir dignement l’éclat et le poids de votre couronne, dont vous seriez à temps de vous dépouiller en sa faveur lorsque vous l’en

jugeriez capable par votre propre expérience. ”

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