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BADOURAH PRINCESSE DE CHINE
et de l’emportement si criminel du prince son fils, qui s’opposait à sa volonté.
Ce ministre tâchait de le consolér et de lui faire comprendre que le prince lui-même lui avait donné lieu de le réduire. “Sire, lui disait-il, Votre Majesté ne doit pas se repentir de lavoir fait arrêter. Pourvu qu’elle ait la patience de le laisser quelque temps dans sa prison, elle doit se persuader qu’il abandonnera cette fougue de jeunesse
et qu’enfin il se soumettra à tout ce qu’elle exigera de lui.” 4) Le grand vizir achevait ces derniers mots, lorsque l’esclave se présenta au roi Schahzaman. “Sire, lui dit-il, je suis bien fâché de venir annoncer à Votre Majesté une
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nouvelle qu’elle ne peut écouter qu'avec un grand déplaisir. Ce que le prince votre fils dit d’une dame qui a passé cette nuit près de lui, et l’état où il m’a mis, comme Votre Majesté le peut voir, ne font que trop connaître qu’il n’est
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plus dans son bon sens.” Il fit ensuite le détail de tout ce que le prince Camaralzaman avait dit et de la manière dont il l’avait traité, en des termes qui donnèrent créance 1° à son discours.
Le roi, qui ne s'attendait pas à ce nouveau sujet d’affic-
tion: Voici, dit-il à son premier ministre, un incident
Le grand vizir obéit sur-le-champ et, en entrant dans
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CONTE DES MILLE ET UNE NUITS
la chambre du prince, il le trouva assis et fort tranquille, avec un livre à la main, qu'il lisait. Il le salua, et après qu'il se fut assis près de lui: “Je veux un grand mal à votre esclave, lui dit-il, d’être venu effrayer le roi votre père par la nouvelle qu’il vient de lui apporter.
— Quelle est cette nouvelle, reprit le prince, qui peut + lui avoir donné tant de frayeur ? Jai un sujet bien plus
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grand de me plaindre de mon esclave.
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— Prince, repartit le vizir, à Dieu ne plaise que ce qu’il a rapporté de vous soit véritable! Le bon état où Je vous vois, et où Je prie Dieu qu'il vous conserve, me fait connaître qu'il n’en est rien. — Peut-être, répliqua le
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prince, qu'il ne s’est pas bien fait entendre. Puisque vous êtes venu, je suis bien aise de demander à une personne comme vous, qui devez en savoir quelque chose, où est la
dame qui a passé cette nuit près de moi.”