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Le grand vizir demeura comme hors de lui-même à cette demande. “Prince, répondit-il, ne soyez pas surpris
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de l’étonnement que je fais paraître sur ce que vous me demandez. Serait-il possible, je ne dis pas qu’une dame,
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mais qu'aucun homme au monde eût pénétré, de nuit,
jusqu’en ce lieu, où l’on ne peut entrer que par la porte et qu’en marchant sur le ventre de votre esclave? De grâce,
rappelez votre mémoire, et vous trouverez que vous avez eu
un songe qui Vous à laissé cette forte impression.
— Je ne m'arrête pas à votre discours, reprit le prince
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d’un ton plus haut : je veux savoir absolument ce qu'est devenue cette dame; et Je suis ici dans un lieu où je saurai me faire obéir.”
À ces paroles fermes, le grand vizir fut dans un embarras qu'on ne peut exprimér, et il songea au moyen de s’en tirer le mieux qu'il lui serait possible. Il prit le prince par la douceur et il lui demanda, dans les termes les plus hum-
bles et les plus ménagés, si lui-même il avait vu cette
dame. ÿ Oui, oui, repartit le prince. 1e l’ai vue, et je me suis ) >» TEP P ») ) ] \
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fort bien aperçu que vous l'avez apostée pour me tenter. Elle a fort bien joué le rôle que vous lui avez prescrit, de ne pas dire un mot, de faire la dormeuse et de se retirer
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dès que je serais rendormi. Vous le savez sans doute, et elle n’aura pas manqué de vous en faire le récit.
— Prince, répliqua le grand vizir, je vous jure quil n'est rien de tout ce que je viens d'entendre de votre bouche, et que le roi votre père et moi nous ne vous avons pas envoyé la dame dont vous parlez : nous n’en avons pas
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même eu la pensée. Permettez-moi de vous dire encore
une fois que vous n'avez vu cette dame qu'en songe.
jé — Vous venez donc pour vous moquer aussi de moi,
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répliqua encore le prince en colère.” Il le prit aussitôt par la barbe et il le chargea de coups aussi longtemps que ses forces le lui permirent.
Le pauvre grand vizir essuya patiemment toute la
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colère du prince Camaralzaman, par respect. Au milieu des coups dont le prince le chargeait : “ Prince, s’écria-t-il, je vous supplie de me donner un moment d’audience.” Le prince, las de frapper, le laissa parler.
“Je vous avoue, prince, dit alors le grand vizir en dissimulant, qu'il est quelque chose de ce que vous croyez. Mais vous n’ignorez pas la nécessité où est un ministre d'exécuter les ordres du roi son maître. Si vous avez la bonté de me le permettre, je suis prêt à aller lui dire de votre part ce que vous m'ordonnerez. — Je vous le permets, lui dit le prince: allez, et dites-lui que je veux épouser la dame qu'il m'a envoyée ou amenée, et qui a passé cette nuit près de moi. Faites promptement, et apportez-moi la
réponse.” Le grand vizir se présenta devant le roi Schahzaman avec une tristesse qui l'affigea d’abord. “Eh bien! lui
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demanda ce monarque, en quel état avez-vous trouvé mon fils? — Sire, répondit ce ministre, ce que esclave a rapporté à Votre Majesté n’est que trop vrai.” Il lui fit le récit de l’entretien qu’il avait eu avec Camaralzaman, de l’emportement de ce prince, du mauvais traitement qu’il avait reçu de lui et de l'adresse dont il s'était servi pour échapper de
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Schahzaman, d’autant plus mortifié qu’il aimait toujours
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