‹ La Princesse BadourahChapitre 41 sur 104 · LUS · texte numérisé non relu

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et J'étais sûr de la rétablir en son bon sens par les secrets dont j'ai connaissance; mais Je n'ai pas été longtemps à reconnaître qu’elle n’a pas d’autre maladie que celle d’aimer, et mon art ne s'étend pas jusqu’à remédier au mal d’amour. Votre Majesté y remédiera mieux que personne, quand elle voudra lui donner le mari qu’elle demande. ”

Le roi traita cet astrologue d’insolent et lui fit couper le cou. Tant astrologues que médecins et magiciens, il s’en présenta cent cinquante, qui eurent tous le même sort, et leurs têtes furent rangées au-dessus de chaque porte de la ville.

La nourrice de la princesse de Chine avait un fils nommé Marzavan, frère de lait de la princesse, qu’elle avait nourri et élevé avec elle. Leur amitié avait été si grande pendant leur enfance, tout le temps qu'ils avaient été ensemble, qu’ils se traitaient de frère et de sœur, même après que leur âge un peu avancé eût obligé de les séparer.

Entre plusieurs sciences, dont Marzavan avait cultivé

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son esprit dès sa plus grande jeunesse, son inclination l'avait porté particulièrement à l'étude de lastrologie judiciaire et d’autres sciences secrètes, et il s’y était rendu très habile. Non content de ce qu’il avait appris de ses maîtres, il s’était mis en voyage, dès qu’il se fut senti assez de forces

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. pour en supporter la fatigue. Il n’y avait pas d'homme | M célèbre, en aucune science et en aucun art, qu'il n’eût été M chercher dans les villes les plus éloignées et qu'il n’eût |

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BADOURAH PRINCESSE DE CHINE

fréquenté assez de temps pour en tirer toutes les connaissances qui étaient de son goût.

Après une absence de plusieurs années, Marzavan revint enfin à la capitale de la Chine; et les têtes coupées et rangées qu’il aperçut au-dessus de la porte par où il entra le surprirent extrêmement. Dès qu’il fut rentré chez lui, il demanda pourquoi elles y étaient; et, sur toutes choses, il s’informa des nouvelles de la princesse, sa sœur de lait, qu'il n'avait pas oubliée. Comme on ne put le satisfaire sur la première demande sans y comprendre la seconde, il apprit en gros ce qu'il souhaitait, avec bien de la douleur, en attendant que sa mère, nourrice de la princesse, lui en apprit davantage.

Quoique la nourrice, mère de Marzavan, fût très occupée auprès de la princesse de Chine, elle n’eut pas néanmoins plutôt appris que ce cher fils était de retour, qu’elle trouva le temps de sortir, de l’embrasser et de s’entretenir quelques moments avec lui. Après qu’elle lui eût raconté, les larmes aux yeux, l’état pitoyable où était la princesse et le sujet pour lequel le roi de Chine lui faisait ce traitement, Marzavan lui demanda si elle ne pouvait pas lui procurer le moyen de la voir en secret sans que le roi en eût connaissance. Après que la nourrice y eut pensé quelques moments : “Mon fils, lui dit-elle, je ne puis rien vous dire là-dessus présentement ; mais attendez-moi demain, à la même heure, je vous donnerai la réponse. ?”

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