‹ La Princesse BadourahChapitre 42 sur 104 · RSS · texte numérisé non relu

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CONTE DES MILLE ET UNE NUITS

Comme, après la nourrice, personne ne pouvait s'approcher de la princesse que par la permission de leunuque qui commandait à la garde de la porte, la nourrice, qui savait qu’il était dans le service depuis peu et qu’il ignorait ce qui s'était passé auparavant à la cour du roi de Chine, s’adressa à lui. “ Vous savez, lui dit-elle, que j'ai élevé et

nourri la princesse; vous ne savez peut-être pas de même que je l’ai nourrie avec une fille de même âge, que J'avais {1 alors et que j'ai mariée il n’y a pas longtemps. La princesse,

| qui lui fait l'honneur de l'aimer toujours, voudrait bien la voir; mais elle souhaite que cela se fasse sans que personne la voie ni entrer ni sortir.”

La nourrice voulait parler davantage; mais l’eunuque l’arrêta. “ Cela suffit, lui dit-il, je ferai toujours avec plaisir tout ce qui sera en mon pouvoir pour obliger la princesse : faites venir ou allez prendre votre fille vous-même, quand il sera nuit, et amenez-la après que le roi se sera retiré : la porte lui sera ouverte.”

Dès qu'il fut nuit, la nourrice alla trouver son fls Marzavan. Elle le déguisa elle-même en femme, d’une

(Vi manière que personne n'eût pu s’apercevoir que c'était un

homme, et l’amena avec elle. L’eunuque, qui ne douta pas

que ce ne fût sa fille, leur ouvrit la porte et les laissa R entrer ensemble.

Avant de présenter Marzavan, la nourrice s’approcha de la princesse : Madame, lui dit-elle, ce n’est pas une femme

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BADOURAH PRINCESSE DE CHINE

que vous voyez: c’est mon fils Marzavan, nouvellement arrivé de ses voyages, que j'ai trouvé moyen de faire entrer sous cet habillement. J’espère que vous voudrez bien qu'il ait l'honneur de vous rendre ses respects. ?

Au nom de Marzavan, la princesse témoigna une grande %, Joie: ‘“ Approchez-vous, mon frère, dit-elle aussitôt à F4) Marzavan, et Ôtez ce voile; il n’est pas défendu à un frère |! 4 et à une sœur de se voir à visage découvert. JT LÆ | Marzavan la salua avec un grand respect; et sans lui °#° donner le temps de parler: “Je suis ravie, continua la | princesse, de vous revoir en parfaite santé, après une absence de tant d’années, sans avoir mandé un seul mot de vos nouvelles, même à votre bonne mère.

— Princesse, reprit Marzavan, je vous suis infiniment obligé de votre bonté. Je m'attendais à en apprendre, à mon arrivée, de meilleures des vôtres que celles dont j'ai été informé et dont je suis témoin avec toute l’affiction imaginable. J’ai bien de la joie cependant d’être arrivé assez tôt pour vous apporter, après tant d’autres qui n'y ont pas réussi, la guérison dont vous avez besoin. Quand je ne tirerais d’autres fruits de mes études et de mes voyages que

celui-là, je ne laisserais pas de m’estimer bien récompensé.” | En achevant ces paroles, Marzavan tira un livre et \ d’autres choses dont il s'était muni et qu'il avait crues à nécessaires, selon le rapport que sa mère lui avait fait de la maladie de la princesse. La princesse qui vit cet attirail : M

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