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chose de bien précieux : ma princesse ne la porterait pas sur elle avec tant de soin, de crainte de la perdre, si cela
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n'était. ” En effet, c'était un talisman dont la reine de Chine avait fait présent à la princesse sa fille, pour la rendre heureuse,
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à ce quelle disait, tant qu’elle le porterait sur elle. Pour mieux voir le talisman, le prince Camaralzaman sortit hors de la tente qui était obscure, et voulut le consi-
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dérer au grand jour. Comme il le tenait au milieu de la main, un oiseau fondit de l’air tout à coup et le lui enleva. A cet accident, le plus affigeant qu'on puisse imaginer,
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arrivé par une curiosité hors de saison et qui privait la princesse d’une chose précieuse, Camaralzaman demeura
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immobile quelques moments.
L'oiseau, après avoir fait son coup, s'était posé à terre à DA peu de distance, avec le talisman au bec. Le prince Cama- à ralzaman s’'avança, dans l’espérance qu’il le lâcherait; mais, M
dès qu’il approcha, l'oiseau fit un petit vol et se posa à
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BADOURAH PRINCESSE DE CHINE
terre une autre fois. Il continua de le poursuivre; l'oiseau, après avoir avalé le talisman, fit un vol plus loin. Le prince, qui était fort adroit, espéra le tuer d’un coup de pierre et le poursuivit encore. Plus il s’éloigna de lui, plus il s’opiniâtra à le suivre et à ne pas le perdre de vue.
De vallon en colline et de colline en vallon, l'oiseau attira, toute la journée, le prince Camaralzaman, en s’écartant toujours de la prairie et de la princesse Badourah; et, le soir, au lieu de se jeter dans un buisson, où Camaralzaman aurait pu le surprendre dans lobscurité, il se percha au haut d’un arbre, où il était en sûreté.
Le prince, au désespoir de s'être donné tant de peine inutilement, délibéra s’il retournerait à son camp. “Mais, dit-il en lui-même, par où retournerai-je ? Redescendrai-je par les collines et par les vallons par où je suis venu? Ne m'égarerai-je pas dans les ténèbres? Et mes forces me le permettent-elles ? Et, quand je le pourrais, oserais-je me présenter devant la princesse et ne pas lui rapporter son talisman ? ” Abîmé dans ces pensées désolantes et accablé de fatigue, de faim, de soif, de sommeil, il se coucha et passa la nuit au pied de Parbre.
Le lendemain, Camaralzaman fut réveillé avant que l'oiseau eût quitté l'arbre; et il ne l’eut pas plutôt vu reprendre son vol qu’il l’'observa et le suivit encore toute la journée, avec aussi peu de succès que la précédente, en se nourrissant d'herbes ou de fruits qui se trouvaient sur son
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