‹ La Princesse BadourahChapitre 69 sur 104 · KE · texte numérisé non relu

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BADOURAH PRINCESSE DE CHINE

que nous sommes ici de la religion du prophète. Il faut que vous l’ignoriez; et je regarde comme un miracle que vous Soyez venu jusqu'ici sans avoir fait quelque mauvaise rencontre. En effet, ces idolâtres sont attentifs, sur toute chose, à observer les musulmans étrangers, à les faire tomber dans quelque piège, s’ils ne sont pas bien instruits de leur méchanceté, Je loue Dieu de ce qu’il vous a amené dans un lieu de sûreté.” |

Camaralzaman remercia ce bonhomme avec beaucoup de reconnaissance, de la retraite qu’il lui donnait si généreusement pour le mettre à l’abri de toute insulte. Il voulait en dire davantage, mais le jardinier l’interrompit : Laissons là les compliments, dit-il; vous êtes fatigué et vous devez avoir besoin de manger : venez vous reposer: ” Il le mena dans sa petite maison; et, après que le prince eut mangé suffisamment de ce qu’il lui présenta avec une cordialité dont il le charma, il le pria de vouloir bien lui faire part du sujet de son arrivée.

Camaralzaman satisfit le jardinier; et, quand il eut fini son histoire, sans rien lui déguiser, il lui demanda à son tour par quelle route il pourrait retourner aux États de son père. “Car, ajouta-t-il, de m’engager à aller rejoindre la princessé, où la trouverai-je, après onze jours que je me suis séparé d’elle par une aventure si extraordinaire ? Que sais-je même si elle est encore au monde? ” A ce triste souvenir, il ne put achever sans verser des larmes.

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CONTE DES MILLE ET UNE NUITS

Pour réponse à ce que Caralzaman venait de demander, le jardinier lui dit que de la ville où il se trouvait, il y avait une année entière de chemin jusqu'aux pays où il n’y avait que des musulmans, commandés par des princes de leur religion; mais que par mer on arriverait à l'île d’Ébène en beaucoup moins de temps, et que, de là, il était plus aisé de passer aux îles des Enfants de Khaledan; que chaque année un navire marchand allait à l’île d’Ébène,

et qu'il pourrait prendre cette commodité pour retourner de là aux îles des Enfants de Khaledan. ‘Si vous fussiez ] arrivé quelques jours plus tôt, ajouta-t-il, vous vous fussiez |: embarqué sur celui qui a fait voile cette année. En attendant que celui de l’année prochaine parte, si vous agréez £ de demeurer avec moi, je vous fais offre de ma maison, 4 telle qu’elle est et de très bon cœur.”

Le prince Camaralzaman s’estima heureux de trouver

cet asile dans un lieu où il n’avait aucune connaissance non plus qu'aucun intérêt d’en faire. Il accepta l'offre, et il demeura avec le jardinier. En attendant le départ du vaisseau marchand pour l’île d'Ébène, il s’occupait à travailler au jardin pendant le jour; et, la nuit, que rien ne le détournait de penser à sa chère princesse Badourah, il la passait dans les

soupirs, dans les regrets et dans les pleurs. JA

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