‹ La Princesse BadourahChapitre 73 sur 104 · EL · texte numérisé non relu

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BADOURAH PRINCESSE DE CHINE

le bruit en fut bientôt porté jusqu’au palais du roi.

Le roi Armanos, accompagné d’une grande partie de sa cour, vint au-devant de la princesse, et il la rencontra lorsqu'elle venait de débarquer et qu’elle prenait le chemin du logement qu’on avait retenu. Il la reçut comme le fils d’un roi son ami, avec qui il avait toujours vécu en bonne intelligence, et il la mena à son palais, où il la logea, elle et tous ses gens, sans avoir égard aux instances qu’elle lui fit de la laisser loger en son particulier. Il lui fit d’ailleurs tous les honneurs imaginables, et il la régala, pendant trois jours, avec une magnificence extraordinaire.

Quand les trois jours furent passés, comme le roi Armanos vit que la princesse, qu'il prenait toujours pour le prince Camaralzaman, parlait de se rembarquer et de continuer son voyage, et qu’il était charmé de voir un prince si bien fait, de si bon air et qui avait infiniment d’esprit, il la prit en particulier. “ Prince, lui dit-il, dans le grand âge où vous voyez que je suis, avec très peu d'espérance de vivre encore longtemps, j'ai le chagrin de n’avoir pas un fils à qui je puisse laisser mon royaume. Le ciel m'a donné seulement une fille unique, d’une beauté qui ne peut pas être mieux assortie qu'avec un prince aussi bien fait, d’une aussi grande naissance et aussi accompli que vous. Au lieu de songer à retourner chez vous, acceptez-la de ma main avec ma couronne, dont je me démets dès à présent en votre faveur, et demeurez avec nous. Il est temps désormais

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