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venait de lui proposer. Ainsi, après avoir demeuré quelques moments sans parler, avec une rougeur qui lui monta au AR visage et que le roi attribua à sa modestie, elle répondit : à
“ire, j'ai une obligation infinie à votre Majesté de la M
bonne opinion qu’elle a de ma personne, de l'honneur qu’elle
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BADOURAH PRINCESSE DE CHINE
me fait et d’une si grande faveur, que je ne mérite pas et que je n’ose refuser. Mais, Sire, ajouta-t-elle, je n’accepte une si grande alliance qu’à condition que Votre Majesté m'assis-
tera de ses conseils et que je ne ferai rien qu'elle n'ait
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approuvé auparavant. ”
Le mariage conclu et arrêté de cette manière, la cérémonie en fut remise au lendemain, et la princesse Badourah prit ce temps-là pour avertir ses officiers, qui la prenaient
aussi pour le prince Camaralzaman, de ce qui devait se passer, afin qu’ils ne s’en étonnassent pas, et elle les assura que la princesse y avait donné son consentement. Elle en parla aussi à ses femmes et les chargea de continuer de bien
garder le secret. |
Le roi de l’île d’Ébène, joyeux d’avoir acquis un gendre ll dont il était si content, assembla son conseil le lendemain et déclara qu’il donnait la princesse sa fille en mariage au DA
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prince Camaralzaman, qu’il avait amené et fait asseoir près
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de lui, qu’il lui remettait sa couronne et leur enjoignait de le reconnaître pour leur roi et de lui rendre leurs hommages. En achevant, il descendit du trône; et après qu'il
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y eût fait monter la princesse Badourah et qu’elle se fut
assise à sa place, la princesse y reçut le serment de fidélité et les hommages des seigneurs les plus puissants de Pile AR d'Ébène, qui étaient présents. À Au sortir du conseil, la proclamation du nouveau roi NU fut faite solennellement dans toute la ville; des réjouissances F 1 f À
CONTE DES MILLE ET UNE NUITS
de plusieurs jours furent indiquées et des courriers dépêchés par tout le royaume, pour faire observer les mêmes cérémonies et les mêmes démonstrations de joie.
Le soir, tout le palais fut en fête, et la princesse Haïatalnefous (c’est ainsi que se nommait la princesse de l’île d’Ébène) fut amenée à la princesse Badourah, que tout le monde prit pour un homme, avec un appareil véritablement royal. Les cérémonies achevées, on les laissa seules, et elles se couchèrent.
Maintenant la princesse Badourah se trouvait dans un embarras inexprimable. L’unique moyen de justifier sa conduite était de faire confidence de son sexe à Haïatalnefous. Mais, quoiqu’elle eût prévu qu’elle serait obligée d’en venir à cette déclaration, l'incertitude néanmoins où elle était si la princesse le prendrait en mal ou en bien la faisait trembler. Quant elle eut bien considéré enfin que, si le prince Camaralzaman était encore au monde, il fallait de nécessité qu’il vint à l’île d’Ébène pour se rendre au royaume du roi Schahzaman ; qu’elle devait se conserver pour lui et qu’elle ne pouvait le faire si elle ne se découvrait à la princesse Haïatalnefous, elle hasarda cette voie.
. Aimable et trop charmante princesse, lui dit-elle, il faut que je vous avoue les torts que j'ai envers vous ; mais j'espère que lorsque vous m’aurez entendue, vous me pardonnerez et que vous consentirez à garder le secret que je suis obligée de vous découvrir”. |
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