ACTE PREMIER
GODLER.
En 1853.
TRÊVE LÉ
Quel âge avais-lu?
GODLER.
J'avais trente-neuf ans.
TRÉVELÉ.
Tu es vieux alors.
GODLER.
J'ai soixante-six ans.
Tu ne les parais pas.
GODLER.
Parce que je me teins très bien.
TRÉVELÉ.
Quel bon garçon ! continue.
GODLER.
Mais veux-tu que nous fassions un pari.
TRÉVELÉ.
Non, tu le gagnerais, Florimonde me l'a dit.
GODLER, qui s'est assis.
Eh bien, va fermer la fenêtre et donne-moi à boire
TRÉVELÉ.
Continue.
GODLEIl.
Madame Duranton avait une fille.
TRÉVELÉ.
A qui tu faisais la cour?
CODLER.
A qui nous faisions tous, la cour, pour le mauvais motif, bien entendu. La petite, âgée alors de dix-huit à dixneuf ans, était ravissante, avec des cheveux naturellement dorés, comme les femmes les ont aujourd'hui artificiellement, avec des yeux bleu iris, des joues rose du Bengale, et des dents, des lèvres semblables à des amandes tombées dans des cerises.
Pendant ce dialogue, Godler a de temps en temps arrangé ses favoris et un mèche de cheveux qui lui revient sur le front, avec un petit peigne qu'il tire de sa poche.
TRÉVELÉ
On en mangerait. Tu es poète !
GODLER.
Ça m'est resté de ma jeunesse. En ce même temps.. .
TRÉVELÉ.
Dans ta jeunesse ?
G ODLER.
Non, en 1853, il y avait un roi et une reine.
Qui régnaient